Gaces de la Vigne ou plu- écrire le Roman des Oyseaux
lexandre *, dict du halletement d'un homme travaillé.
Nous avons aussi une fauconnerie de Jan des Franchieres *, grand prieur d'Aquitaine, recueillie des livres de quatre anciens personnages.
Laissant pour le présent les autres desquels nous avons les escrits touchant ces deux nobles arts, ou pour le moins touchant l'un d'iceux, laissant aussi à penser combien ne sont parvenus jusques à nostre temps ne jusques à nostre congnoissance, je viendray à monstrer combien grande richesse et grand ornement l'exercice d'iceux (j'enten de ces deux arts) a apporté à nostre langage, desquels biens il se peut vanter non seulement pardessus tous les langages qui ont jamais esté, mais aussi pardessus tous ceux qui sont aujourdhui. Toutesfois je m'arresteray moins à la vénerie qu'à la fauconnerie, tant pource que cest art est plus noble que cestuy-la
\. Le Roman d'Alexandre, avec une autre fanconneine de écrit en vers de douze syllabes, Guillaume Tardif, plus la volai été composé au xii* siècle, lerie d*Arielouche dAlagona, Les auteurs sont Lambert li Davantage un recueil de tous Tors et Alexandre de Bernay. les oyseaux de proye servant à Voir Paul Meyer, Alexandre le la fauconnerie et vollerie. — Grand dans la littérature fran- La première édition, qui est çaise du moyen âge. peut-être de 1531, mentionnait
2. Jean de Franchieres, Fran- seulement « troys maistres faul-
cières ou Franguières vivait à conniers », et le titre se tere
la cour de Louis XL Son livre minait par ces mots : Ensemble
est intitulé dans l'édition de le deduyt des chiens de chasse.
1517 : La fauconnerie recueillie Les éditions postérieures, 1585,
des livres de M. Marlino, Malo- etc., sont revenues au texte de
pin, Michelin, et Amé Cassian, cette première édition.
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{selon le jugement du susdict seigneur Gaston, surnommé Phebus) qu'aussi pourceque nostre langage n'ha pas tant de prérogative, quant aux termes pris de la vénerie, qu'elle ha quant à ceux que luy a baillé la fauconnerie : veu que {comme il a esté dict) les anciens tant Grecs que Latins ont eu congnoissance de la vénerie, mais non de la fauconnerie.
Si n'oublieray-je pas entre ce peu d'exemples que je veux amener, ces façons de parler, Rendre les abboiSy et Faire rendre les abbois, car c'est un des gentils emprunts que nostre langage ait faict de messieurs les veneurs : disant d'un homme qui n'en peut plus, et pourtant est contraint de se rendre, qu'il rend les abbois : ou (comme les autres escrivent) les abbais. Et proprement se dit du povre cerf, quand ne pouvant plus courir, il s'accule en quelque lieu le plus avantageux «qu'il peut trouver, et là attendant les chiens endure d'estre abbaye par eux. Ce qui pourroit •sembler toutesfois estre plustost Se rendre aux abbois, que Rendre les abbois * : mais tant y-a que ^es mots, suyvant ceste signiflcation-la, ont bonne grâce en ce passage de Belleau,
1. L'idée est différente. Ni- les chiens l'abbayent. Le conçût : Rendre les abbays, entre traire est au regard du sanveneurs, c'est quand le cerf, glier, lequel est dit rendre les recreu de trop courre, s'accule abbays quand il sort de sa ■en un lieu le plus advantageux bauge et gite abbayant aux •qu'il peut choisir, endurant que chiens.
Aussi tost que ces advocns Nous ont empiétez une fois ^ Ils nous font rendre les abbois *.
Et ne faut douter que ceste façon de parler, Tenir quelcun en abboy, (ou en abbay) ne soit aussi venue de la vénerie : mais il y-a apparence que ce soit des bestes noires plustost que des autres. comme quand un sanglier se laisse abbayer par les chiens, perdans leur peine.
Mais, pour venir à quelques autres exemples, nous avons aussi ce mot Rut, ou (comme aucuns prononcent) Ruit, qui se dit (selon aucuns) non seulement du cerf et des autres bestes rousses, mais aussi des bestes noires, quand elles sont en amour : mais par le moyen de ce que les Grecs appellent métaphore, Tusage de ce mot s'estend plus loing.
Autant faut-il dire de T usage du mot Curée (qui est aussi appelée Le droict des chiens) comme quand on dit Bonne curée pour signifier Bon butin.
Le mot Visceratio semble bien se pouvoir accommoder à ceste signification du mot Curée, et à celle du mot Fouaille qui est le mesme en la chasse du sanglier, que Curée en celle du cerf.
Traces aussi. Routes et Erres, sont mots qu'on peut penser avoir leur origine de la vénerie : et principalement Traces, veu que proprement il se