‹ La précellence du langue françois;Chapitre 1 sur 212 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

Ce travail, que les circonstances m'ont obligé à faire avec trop de hâte, aurait lui-même besoin d'être complété et rectifié. Il s'adresse à des lecteurs qui sauront faire l'un et l'autre. Il serait beaucoup plus imparfait si j'avais dû le faire tout entier, et sans aucune aide. Je suis heureux de remercier tous ceux qui ont bien voulu s'intéresser à cette réimpression de la Précellence : M. Petit de Julleville, dont l'excellente Préface donne une idée très juste d'Henri Estienne et de son livre; M. Ferdinand Brunot, dont les conseils et les indications ne m'ont jamais fait défaut; M. Delaruelle, agrégé de grammaire, à qui je dois tous les rapprochements avec les Dialogues du français italianisé , enfin les étudiants de la Sorbonne candidats à l'agrégation de grammaire, qui ont corrigé les épreuves avec autant de soin que d'intelligence. C'est grâce à eux que j'ai pu reproduire plus exactement que ne l'avait fait Léon Feugère l'orthographe, la ponctuation, et même certaines particularités typographiques de l'édition originale.

Edmond Huguet.

L'abbé d'Olivet, qui fut lui-même un des bons grammairiens du xvnr3 siècle, a proclamé Henri Estienne le meilleur grammairien du xvie siècle; et cet éloge est mérité. Ce n'est pas à dire qu'Henri Estienne soit de tout point un excellent grammairien, au moins selon l'idée que nous nous faisons aujourd'hui de la grammaire. Nous voulons y voir une science, rigoureuse dans sa méthode et soumise à des lois précises. Sans doute, elle renferme encore des parties inachevées; sur plusieurs points, elle recourt à l'hypothèse; mais en faisant ses réserves et provisoirement. Riche en faits observés, elle est prudente en conclusions; elle ne se flatte point de posséder tous les secrets de la vie du langage; mais elle croit que l'étude attentive des phénomènes pourra nous en révéler un jour les lois et les causes.

Page 1