Cf. Du Bellay. Deffenee ei les Praticiens se son! l'ait
illustration de la langue flvtn- propre), anuyter pour faire
coyse. édition Person, p. 129 : nuit. »
que c'est aussi bien serviens ' (d'où il vient) que c'estoii alors : mais non de la mesme façon. Quant à moy, je di qu'il n'y-a qaAdjourner duquel je De ferois point difficulté d'user. Et comme je ne voudrois user des deux autres, aussi ne voudrois-je dire Sur foitte rien, ou Sur tout rien, pour Sur toutes choses, comme au premier livre d'Amadis, Toutesfois il est bien deceu. car elle te hait sur fout rirn. Je ne voudrois (di-je) ainsi parler : encore que je sçache bien que Rien signifie autant que Chose, car je nay rien du monde, et je riay chose du monde, valent autant l'un que l'autre : et approuvant quelques mots et façons de parler, que cest auteur prenoit des Rommans (j'enten le seigneur Des essars) 2 ceste-ci est de celles que je n'approuve point.
Le proverbe que j'ay nagueres allégué m'a faict aviser d'adjouster un petit discours touchant aucuns lesquels entr autres semblent avoir fort bonne grâce, et sentir le style de nos Rommans. Et
1. Non pas de serviens, mais donna au roman portèrent ce de servientem. nombre à douze. La traduction
2. Nicolas Herberay <\<>> Es- française eut, comme l'original,
sarts, commissaire d'artillerie, un grand succès, mérité par le
traduisit de l'espagnol, de 1540 charme du récit et par l'agré-
I 1548, VAmadis des Gaules. Ce ment du style. Des Essarts a
roman, inspire sans doute de traduit en outre de l'espagnol
nos romans de la Table-Ronde, le 1er livre de la Chronique de
avait été composé, vers la Florès de Grèce, Y Horloge des
fin du xve siècle par Garcia Princes, de Guevara, et du grec
Ordofiez Montalvo, qui écrivit V Histoire des Juifs, de Flavius
quatre livres. Les suites qu'on Josèphe.
202 DE LA PUECELLENCE
ceux qui considéreront combien les beaux proverbes, bien appliquez, ornent le langage de ceux qui d'ailleurs sont bien empariez, ne s'esbahiront (au moins, ne se devront esbabir) si tirant quelques pièces de divers magazins de nos Rommans, pourmonstrer comment par leur moyen nous pouvons adjouster richesse sur richesse, j'en tire aussi quelques-unes de cestuy-la l.
Je commanceray par le susdict, Mal attend qui ne perattend : et prieray le lecteur considérer comment nous pouvons faire nostre proufit de ce proverbe, en l'alléguant à celuy qui n'aura point eu la patience d'attendre jusques à la fin, mais aura perdu courage. Et nommément pour les attendans de la cour ceste leçon est fort bonne, que ce n'est pas bien attendu si on n'attend jusques à la fin. sinon au cas qu'ils voyent que ceste fin ne prenne aucune fin. Une mesme sorte d'enseignement est en ce proverbe, // ne se garde pas bien qui ne se garde tousjonrs 2. Mais quant à attendre Je trouve encores un autre proverbe où il y-a aussi
1. La plupart des proverbes la table des matières du livre cités se trouvent dans l'ouvrage de Le Roux de Liney est inde Le Roux de Lincy. Souvent complète, j'ai renvoyé aux le proverbe est simplement pages, afin d'éviter au lecteur cité, mais le pins souvent la de trop longues recherches, provenance est indiquée. Beau- L'édition à laquelle renvoient coup se trouvent dans IcRoman les notes es! la 2* édition de la Rose, ou le Roman de — Consulter au tome 11, p Renard, etc. Souvent aussi le 596, la Bibliographie des Promême proverbe se présente ?erl sous plusieurs formes. Comme 2. Le Houx de Lincy, II, 313.
une autre sorte de composé, Qui bien attend ne surattend '.
Et à propos de ce que j'ay dict parcidevant, que nous avons des façons de parler prises de la congnoissance du naturel des animaux, j'ameneray quelques proverbes aussi, qui sont de ce reng : et cestuy-ci sera le premier, On ne peut faire de buisart un esprevier 2. Il est vray qu'on trouve escrit buison au lieu qu'on dit aujourdhuy buisart, ou busart. Et comme ce proverbe-là concerne la fauconnerie, aussi cestuy-ci, Oiseau débonnaire de luy-mesme se fait3. Où il faut noter débonnaire dict en sa propre signification, au lieu que quand on le dit d'un homme, on use de translation : suivant ce que j'en ay discouru cidessus : où j'ay aussi adverti que débonnaire se disoit pour de bonne aire. J'adjousteray deux autres proverbes, qui appartiennent à ceste congnoissance de la nature des animaux. L'un est, Onques mastin n'aima lévrier k. L'autre, Onques bon chevaine devint rosse*.
l.Nicot :-< Surattendreaucun, mes le proverbe cité par II. Es-
i'I est, cheminant ou chevau- tienne.
chant tout bellement attendre 2. Le Roux de Lincy, I, 153.
celui qui vient. Ce n'est pas — Quitard, Dictionnaire des
attendre tout coy ains à demy proverbes, 1842, p. 350. —
et allant le petit pas. » Ce sens Philippi Garneri Thésaurus
trop particulier ne s'accorde Adagiorum Gallico-latinorwn
pas bien avec les exemples (1612), p. 111.
cités par Godefroy, qui attribue 3. Le Roux de Lincy, I, 188.
au mol le sens d'attendre encore, — Garneri Thésaurus, 538.
attendre trop, attendre en vain, 4. Le Roux de Lincy, I, 184.
puis attendre, en général. Voir 5. Id., 1, 162. — Garneri The-
dans Godefrov sous trois for- sauras, 132.
204 DE LA PRECELLENCE
Or comme on y trouve des proverbes faicts sur une observation du naturel des bestes, aussi en ont-ils aucuns faicts sur ce qu'ils ont observé de la nature des hommes, et principalement des mœurs qu'ils ont naturellement. Et tels proverbes sont autant d'advertissemens. De ce nombre esl cestuy-ci, // ri est si grand despit que de povre orgueilleux1. Lequel se dit aussi en ceste sorte, 77 ri est orgueil que de povre enrichi'1.
A l'expérience que j'ay dicte appartient aussi ce proverbe, Oignez vilain, il vous poindra : Poignez vilain, il vous oindra*. En cestuy-ci pareillement, qui est aussi touchant le vilain, nous avons un bel advertissement, // ri est danger que de vilain*. Et vilain en ces proverbes est Qui ha le cœur vilain : veu mesmement qu'un autre proverbe dit, Nul ri est vilain si le cueur ne lui/ meurt 5.
Le changement de mœurs qu'on a observé ei expérimenté en plusieurs, avec le changement d'aage, a donné occasion de faire ces! autre proverbe, De jeune angelot vieux diable*.
Et comme es proverbes qui précèdent cestuy-ci, il est parlé du félon et du vilain, aussi en avonsnous qui nous advertissent de plusieurs choses
1. Le Houx de Lincv, II, 317. 4. Le Roux »l»> Lincv. II. Inc..
2. Id., IL 314. — Cf. De Méry, 5. M.. II. 10&. Nul ne est vilain Histoire des proverbes, I, '1~\. se du citer nr li vient. Ce pro-
— Garneri Thésaurus, 531. rerbe De convient pas moins