‹ La précellence du langue françois;Chapitre 137 sur 212 · Le proverbe a un Bens s'agisse de les diviser ou de · texte numérisé non relu

Le proverbe a un Bens s'agisse de les diviser ou de

plus large aujourd'hui, et si- 1rs réconcilier.

sition de ce proverbe (laquelle est selon que j'en ay ouy user) plus faut-il qu'il soit excellent : à cause mesmement de sa briefveté, au lieu qu'il faudroit user de beaucoup de paroles. Yoyci encores un exemple d'allégorie proverbiale, de fort bonne grâce, Trop achette le miel qui sur les espines le lèche !. Il y-a aussi des comparaisons fort belles : au nombre desquelles on peut mettre ceste-ci, Amour en cueur, feu en estouppes.

Outreplus nous avons quelques proverbes que nous pouvons mettre au reng des traits subtils, (que les Latins appeloyent acutè dicta) et aucuns qui ont ceste subtilité plus en la façon de parler, qu'en la sentence, comme cestuy-ci, Qui tout me donne, tout me nie -. car ceste manière de parler, qui de prime face nous semble conjoindre deux contraires, ha fort bonne grâce.

Xous en avons aussi ausquels nous ne trouverions point de raison, nous arrestans aux mots d'iceux, et entendans tout simplement ce qu'ils signifient, sans considérer ce qui s'en ensuit. Pour exemple, Qui voit la maison de son seigneur, Il n ij-a proufit ne honneur 3, pourquoy est dict ceci? que nuit-il de voir la maison de son seigneur? Il faut donc entendre Voir de sa maison celle de son seigneur. Or de ce voisinage tant prochain (car il ne faut pas entendre de celle qu'on voit, encore

i. Le Roux de Lincy, I, "79. Qi tute me donne tut me tout. 2. Le Roux de Lincy,' IL 482 : 3. Le Roux de Lincy, II, 100.

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qu'elle soit fort loin) il est certain qu'il peut venir plustost mal que bien : et d'autant plus de mal que plus il est dangereux de plaidoyer contre son seigneur. De quoy nous sont tesmoins trois proverbes : Jamais homme ne gangne de plaider à son seigneur !. et, Jamais ne gangne qui procède à son maistre*. et le troisième, Qui faict noces et maison, et plaide à son seigneur, il met le sien à bandon 3. Et puisque je suis tombé en propos de quelques proverbes qui de prime face peuvent sembler n'avoir point de raison, je parleray d'un duquel plusieurs s'esbahissent. J'enten cestuy-ci, Il est maudict de V Evangile qui lia le choix et prend le 'pire 4. Car pourquoy dit-on que cestuy-ci soit maudict de l'Evangile, veu qu'on n'y trouve point de texte où soit tel maudisson? Nous trouverons moyen d'excuser nostre proverbe, si nous voulons un peu aider à la lettre. Car nous sçavons que le Juif est maudict par l'Evangile : lequel Juif ayant le choix a pris le pire, quand ayant à son choix de sauver nostre seigneur Jésus Christ ou Le brigand nommé Barrabas, aima mieux sauver ce meschant. Mais combienque je donne le moyen de sortir deceste difficulté qu'on propose touchant ce proverbe, je confesse qu'il ne se faut pas beau-

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