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:\. L'étymologie de parangon est incertaine. Diez fait venir le mot de L'espagnol, de la préposition composée para con, exprimant une idée de compa-
raison; Tobler le tire de paragonare, signifiant frotter à la piert^e de touche, essayer. Il rappelle le verbe irapay.ovàw, frotter contre, et lesautres mots de la même famille. Quant à l'étymologie grecque, Tcapûcyeiv, qu'on a proposée , elle n'a aucune vraisemblance.
t. Le premier livre des amours, sonnet v. Edit. Martv-Laveaux, t. 1, p. :;.
300 DE LA PRECELLENCE
et à luy et à nostre langage, de dire qu'il se soit servi d'un mot Italien.
Je veux aussi advertir de prendre garde à quelques Verbes qu'ils ont faicts à l'exemple de ceux qu'ils avoyent pris de nous. J'enten comme quand après avoir pris nostre Embrasser, et l'avoir desguisé en Imbracciar, ils ont dict aussi Abbracciar : et en ont usé plus souvent. Pareillement, quand ils ne se sont pas contentez de prendre nostre Recommander, et en faire Baccommandar (comme desja ils avoyent faict Commandar, de nostre Commander) ains ont dict aussi Accommandar en la signification deRaccommandar.
Mais je m'avise que tous les Verbes que j'ay amenez pour exemple jusques ici, sont d'une raesme sorte quant à la terminaison : ayans tous ar en la fin, comme ont les Verbes Latins de la première conjugaison (en quoy j'use des termes de l'art : ce que je prie derechef ne trouver mauvais) el pource que quelcun pOurroit penser que la langue Italienne n'a il faict son proufit que de ceux-là, j'ameneray aussi de ceux qui sont d'autre sorte. Car encore que desja j'aye faict mention d'aucuns, pource que ce n'estoit sur ce propos, il pourra estre ou qu'on n'y aura pointpris garde, ou qu'on n'en aura pas souvenance. Je di donc que Partir est de cest au lie
reng : duquel Partir use Pétrarque, au commancement d'un sien Sonnet :
/ dolci co/li, ov io tascial me stcsso, Partendo onde partir giamai non posso, Mi vanno innanzi '•
Sovenir et Risovenir sont aussi de ce reng : desquels le second est en un Sonnet de Pétrarque, qu'il commance ainsi, L'aura serena. car il dit au troisième vers, Fammi risovenir 2. Aussi Istordir, et Stordir, doivent estre mis ici, faicts de nostre Estourdir. Ainsi use le cardinal Bembo de Stordir en l'epistre par laquelle il dédie ses Azolains à madame Lucrèce Borgia, duchesse de Ferrare, Laquai morte si mi stordi, che à (/visa di coloro che dal foco délie saette tocchi rimangono lungo tempo sanza sentimento3. Lequel passage est bien à noter, pource qu'en ceux de Boccace, desquels on amené des exemples de ce Verbe, il se prend neutralement pour Demeurer tout estourdi et estonné : au lieu que Bembo en a usé en la signification active, comme nous usons de nostre Estourdir. Ils disent aussi Âssalir, pour nostre Assaillir : et comme nous sommes en controverse
1. «Les douces collines où je ressouvenir. (Sonnet clxiv.) laissai moi-même, en partant 3. Cette mort m'étourdit, de de ces lieux d'où je ne puis la même manière que ceux qui jamais partir, se présentent sont atteints du feu de la foudre devant moi. » (Sonnet clxxv.) restent longtemps privés de