‹ La précellence du langue françois;Chapitre 178 sur 212 · Mais après que messire pens. (Jownée I, nouvelle i · texte numérisé non relu

Mais après que messire pens. (Jownée I, nouvelle i

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contenteray, ne voulant entrer en dispute du reste, car ceci ne se doit entendre seulemenf des mots et façons de parler dont j'ay faict mention, ains d'un nombre beaucoup plus grand d'autres qui sont de mesme condition, et pointant doivent jouir de mesme droit, asçavoir de pouvoir quitter l'Italie toutes et quantes fois que bon leur semblera. Or tant plus je considère e< nubien leur nombre est grand, tant plus je m'esmerveille de Bembo, qui en a si peu confessé : et encore plus de ceux qui depuis, luy ont sceu si mauvais gré de ceste confession. Peut estre qu'il pensoit qu'en confessant ainsi volontairement quelque petite partie, on se tiendrait à ce qu'il on auroit dict, sans faire aucune recherche : et au contraire, ceux qui se sont faschez contre luy de ce qu'il avoit dict, ont eu crainte de ce qui est advenu. Car ils ont bien pensé que ce petit nombre qu'il avoit confessé seroit cause de faire rechercher la grande quantité des autres.

ïoutesfois je m'en rapporte à ce qui en est : et ne suis pas marri qu'ils ayent faict ei qu'ils tarent encore ci-apres leur proufit de nostre langage : (en usant de la discrétion dont j'ay l'airt mention ci-dessus), pourveu qu'en recompense ils luy facent honneur : j'enten seulement l'honneur qui appartient : qui est de luy accorder le titre de precellence. Quanl est des mots qu'ils nous mit pris, il n'y-en a point dont je m'esbahisse plus et nie

fasche moins, que de cestuy-ci, Fol. car nous n'avons que ceste petite parolette, pour signifier ce que les Latins disent stultus : au lieu qu'eux en ont quatre, Pazzo, Matto, Scioccho, S toit o : et toutesfois nostre Fol leur a semblé si beau qu'ils en ont eu envie, et le desguisans un peu en ont faict Folle : lequel Pétrarque et Boccace ont mis en monstre, en faisans grande bravade : Bembo pareillement après eux. Ils ont aussi emmené celle sans laquelle il ne va jamais, qui est Folie, et l'ont desguisee en Follia. Que pleust à Dieu qu'ils eussent tellement emmené l'un et l'autre, qu'on ne les revist jamais en France. Toutesfois ils avoyent au contraire besoin non pas de Fol et de Folie, mais de Sot et de Sot i se. car ils n'ont rien en leur langage, qui puisse bonnement tenir la place ne de Sot ne de Sotise : tellement qu'ils sont contrains de la faire tenir par un de ceux que j'ay dicts, encore qu'elle ne luy appartienne pas. D'une chose leur sçay-je bon gré, que nous, au contraire, pour signifier ce que les Latins disent Sapiens et Prudens, n'ayans pas seulement Saçje et prudent, mais plusieurs autres vocables equipolens, ils n'y ont point voulu toucher.

Mais ils me diront que s'ils ont pris de nostre langage, aussi nous avons pris du leur : et adjoust ciont toutesfois (par honnesteté) que non pas tant. Je les prieray donc faire leur production, comme j'ay faict la mienne : à la charge qu'ils ne

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s'aideront d'aucunes pièces qui ne soyent aussi bonnes et authentiques que les miennes. Or me doutant bien que celles qu'ils estimeront les meilleures, seront certains vocables dont nous usons en la guerre et es fortifications ' (car je croy qu'ils auront honte de m'alleguer ceux dont usent les gastefrançois) 2 je les prieray d'ouir aussi patiemment ma response que j'orray la leur quand il leur plaira respondre à ce que j "a y mis en avant ci-dessus.

Je di donc qu'il faut necessairemenl de deux choses l'une : ou qu'ils se vantent nous avoir enseigné l'art de la guerre, et pareillement celuy des fortifications : ou qu'ils confessent que comme nous avons bien sceu apprendre l'un et l'autre sans aller à leur eschole, aussi avons-nous eu des termes propres, sans les aller chercher en leur pays3. Je croy qu'ils ne voudront pas s'aider de ce premier poinct : et quand ils voudroyent, je ne sçay s'ils oseroyent. quand ils oseroyent, je leur opposerois entr'autres choses ce «pie dit Machiavel. Dont s'ensuivra (pic ou volontiers ou par force ils m'accordent le second. Mais à lin

1. Les expéditions on Italie taire des Allemands est remplie ont en effet introduit dans de mots français, et que lAnaotre langue beaucoup de mots gleterrenous adonné un grand relatifs à la guerre. Il \ a un nombre d'expressions parlerapport étroit entre la nature mentaires, industrielles, <-om- <lf- relations que deux peuples merciales, sportives, etc. ont entre eux, el le genre de l>. cf. Dialogues, l. mots qu'ils se communiquent .'{. Cf. Conformité, p. 24; — C'est ainsi que la langue mili- Dialogues, I. 26.

qu'ils no pensent «pie les menaçant de Machiavel, Je leur vueille donner une faulse alarme, je di qu'en son dialogue de Fart de la guerre1, il fait la guerre à une telle vanterie. Car ayant premièrement dict en gênerai que les manières de faire la guerre estoyent esteintes par tout le monde, à comparaison de celles des anciens : parlant puis de Fltalie particulièrement, dit qu'elles y sont du tout perdues, et que s'il y-a encore quelque chose qui ait un peu plus de gaillardise, elle vient de ce qu'ils ont pris exemple à ceux de delà les monts : pour mieux faire, je reciteray ses propres paroles, du septième et dernier livre, Io vi dico di nuovo, che i modi et ordini délia guerra in lutta il mondo, rispetto a quegli degli antichi, sono spenti: ma in Italia sono al tutto perdutti : et se ci è cosa un poco plu gagliarda, nasce daW essempio degli oltramontani. Et afin qu'on ne doute point que Machiavel n'entende les François, quand il dit les outremontains (s'il est loisible de contrefaire ainsi son mot oltramontani) j'adjousteray ce qu'il dit après, qu'avant que Charles, Roy de France, passast en Italie, on bastissoit tellement les forteresses qu'elles estoyent fort foibles. Voyci ses paroles, Voi potete havere

I. Machiavel s'est inspiré et même nouvelles pour son <lans cet ouvrage des livres des temps. Il condamne, par exemanciens. Il exprime aussi beau- pie, l'emploi des troupes mercoup d'idées très intéressantes cenaires.

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inteso, et questi altri se ne possono ricordare, côH quanta debolezza si edificava innanzi che ilreCarlo di Francia, net m. cccc. xciiii, passasse in I ta lin '. Joinct qu'après il dit Franciosi plusieurs fois. Et que ce edificava se doive entendre ainsi, il appert par les exemples qu'il amené. Car il parle «le trois choses dont les forteresses avoyent besoin, selon la façon d'alors, lesquelles il nomme merli, balestriere etbombardiere* : et après avoir monstre la faute qu'on y faisoit, il monstre aussi comment les François avoyent appris à les corriger. Hora (dit il) da Franciosi si è imparato à fare it merlu largo et grosso : et che anchora le bombardiere sieno larghe dalla parte di dentro*, etc. Il monstre puis assez au long- que les François ont beaucoup d'autres manières incongneues aux Italiens, par lesquelles les places sont rendues fortes : et commance par ce qu'il appelle des Sarrazinesques. Mais comme Bembo n'a pas confessé toute la debte quant aux vocables que la langue Italienne a pris de la nostre, non pas la centième partie (comme j'ay dict et monstre ci-dessus), ainsi es! vraysemblable «pie Nicolo Machiavelli n'ait pas confessé toutes les choses appartenantes à la

l.Vous pouvezavoir compris, embrasures pour les bombar-

el ces autres peuvent bs sou- des.

Tenir avec quelle faiblesse on 3. Aujourd'hui les l'r

1rs bâtissait, avant que le roi nous ont appris à faire les

Charles de France, en 1494, neaux larges et épais, el les

en Italie. embrasures à bombardes larges

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