Au plus tard m 1565, quatorze au- avant la PrécelUnce
que je produirois (comme d'abondant) après toutes les autres : veu mesmement que tant s'en faut qu'aucuns Italiens tiennent pour confessé ce que j'ay dict en l'honneur de la langue Grecque, qu'ils osent préférer la leur à icelle.
Et ce pendant ceste grande hardiesse d'aucuns Italiens de préférer leur langage non seulement au Latin, mais aussi au Grec, sera par moy alléguée contre ceux qui voudront dire que j'auray assailli ces messieurs de gayeté de cueur. Car puisqu'ainsi est, on ne peut nier qu'en ce discours je ne sois non pas assaillant, mais défendant : «Mitant que jay l'honneur de ma patrie en recommendation : veu que, si on leur vouloit accorder que leur langage est plus excellent que le Grec et le Latin, il s'ensuyvroit que le nostre ne seroitpas digne de comparoir auprès du leur, ni de tenir aucun lieu honorable. Mais la chanse sera bien tournée si je puis monstrer que le nostre precelle le leur, car il faudra qu'ils passent condemnation à trois tout en un coup : et que rendans à ces deux langages anciens ce qu'ils leur avoyent osté, ils confessent que tant s'en faut que le leur puisse estre préféré à ces deux, qui tiennent les deux premiers rengs, qu'il ne peut pas estre égalé au nostre, qui est inférieur à ceux-là, et principalement au Grec l. Ils seront (di-je) reduicts à cela :