‹ La précellence du langue françois;Chapitre 45 sur 212 · remply de brebis, tue, esgorger · texte numérisé non relu

remply de brebis, tue, esgorger

•2. St. 178. Traduction F. de mange etdeschire ce pauvre et

Rosse t (Paris, de Sommaville débile trouppeau tombé en son

et Courbé, s. d.) : 162, verso, pouvoir. »

•« Tout ainsi qu'un Lyon mai- 3. Aldobrando Cerretani. V.

gre et tout exténué de faim, Tiraboschi, ouvrage cité, Vil,.

entrant dans un parc tout 1336.

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Sur lequel dernier vers est rymé le subséquent, qui fine en ce mot affrena : et sur les deux autres sont rymez deux des precedens. Dequoy j'adverti, pource qu'on se pourroit esbahir de ne voir ici aucune ryme.

Les mesmes vers de Virgile furent ainsi traduicts par moy, les appliquant (comme Arioste) à mon propos,

Comme un lion que poind d'une grand faim la rage, Fait parmi les troupeaux un horrible carnage, Entraînant, démembrant , pour son ventre assouvir.

Duquel troisième vers le commancement se peut aussi changer ainsi, avec non moindre gravité, Traînant, escartelant.

De ce passage de Virgile, viendray à cestuy-ci d'Ovide,

Proh superi, quantum mortalia pectora cœcœ Noctis habent *.

Arioste l'a ainsi traduict,

O sommo dio, corne i giudicii humani Spesso offuscati son da un nenibo obscuro !.

Et moy Tavois premièrement traduict ainsi,

Mon Dieu, que sont en une nuict profonde Plongez les cœurs de tous hommes du monde.

i. M<:iamorp/toses,Y\, 472-7:!. jugemens des hommes sont bien 2. si. 2.*;. Traduction citée : couverts d'une obscure nuée. ■

« O Dieu souverain, que les 74, \.

DU LANGAGE FRANÇOIS. ;i 1

Depuis l'ay traduict en ceste sorte,

Dieu tout-puissant, que des mortels les cœurs Sont entourez de ténèbres d'erreurs.

El en ceste façon aussi, me donnant encores un peu plus de liberté,

Que de brouillars offusquans nos esprits, En nos discours nous font estre surpris.

Et en ceste-ci,

Qu'une grand nuict, occupant les cerveaux De tous humains, leur cause de grans maux..

J'ay adjousté ceste cinquième traduction, qui est encore moins astreinte que les autres,

Mon Dieu, qu'on voit l'humain entendement Se fourvoyer par son aveuglement.

Il est certain qu'on les pourroit traduire en telle sorte qu'ils auroyent encore d'avantage de gravité : mais j'espère qu'on me confessera que de ces cinq celle qui en ha le moins, en ha plus que l'Italienne d'Arioste.

Entre les traductions des passages de Virgile, Ovide, ou autre, faictes par les plus excellens poètes François de ce temps (dont je feray comparaison avec les Italiennes) ne sera oubliée celle de Pierre Ronsard, d'un lieu que Virgile a pris

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d'Apollonius Rhodius. Et à fin que les lecteurs, qui entendront le Grec aussi, prennent plaisir à conférer des vers de quatre langues, lesquels ont un mesme subject, je commanceray par Apollonius, au troisième livre de ses Argonautiques,

r(s)iû-J o"; ttç ts oo(/.0'.; èvtftoXXeT<Xt a'{ylrt vôûcto; £;xv;o-jaa, xb 8yj véov rtï \iSr\xi 7]é rcou èv yauXài v.iyj-a'. ' rt c' k'vôa xal svOa à)X£tv) <7Tpo?âXiYYi Ttvàcro-ETat àiazo'jaa l.

Virgile au commancement de son vm livre de l'yEneide, avoit ainsi suivi ceste comparaison d'Apollonius,

Sicut aquœ tremulum labris ubï lumen aënis Sole repercussum, aut radiantis imagine lunœ, Omnia pervolitat latè loca, jàmque sub auras Erigitur, summique ferit laquearia tecti 2.

Laquelle Arioste a pris de luy, et l'a mise en ces quatre vers,

Quai cCacqua chiara il tremolantc lu/ne Dal sol percossa, o da notturni rai, Per gli ampli tetti va con lungo salto A destra ed à sinistra, e basso ed alto 3.

Pierre Ronsard, voulant représenter les beaux

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