Monumenta Gmnaniir lus- aecaptisaccipitribus,cumcani
'. Scriptorum rerum me- bus exerceamur wnatione ».
]>r LANGAGE FRANÇOIS. 4 21
car qui ne sç,ait combien estoit grand seigneur Gaston surnommé Phebus1? Ceux pour le moins qui ont leu Froissard*, ne le peuvent ignorer : ni ceux aussi qui ont leu le livre dudict Gaston. Car après ce commancement, Au nom de Dieu le Créateur, etc., il adjouste, Je Gaston par la grâce de Dieu surnommé Phebus, comte de Foix, seigneur de Beau-ru : qui tout mon temps me suis délecté par especial en trois choses, Vune est en amours, Vautre est en armes, et Vautre est en chasse. Et puis ayant dict ne vouloir point escrire de deux offices (car il parle ainsi) d'armes et d'amours, il adjouste, Mais du tiers office, duquel je ne doute que faye nul maistre : [combien que ce soit vantence) de celuy voudroy-je parler, c'est de chasse. Mesmement quant aux gentils-hommes, en gênerai, que (suivant ce que nous lisons ici) de tout temps avec l'exercice des armes ils se soyent addonnez à la chasse, non moins qu'à l'amour (comme si faire l'amour estoit aussi une espèce de chasse) il appert par l'ancien proverbe,
i. Gaston III, comte de Foix, chasse des lestes sanvaiges et
vicomte de Béarn (1331-4391), des oyxeaux de proye. Son
surnommé Phébus, soit à cause style était emphatique et sou-
de sa beauté, soit à cause de vent obscur, c'est de là, dit-on.
ses cheveux d'un blond doré, qu'est venue l'expression faire
eut une existence très belli- du phebus.
queuse. Des l'âge de quatorze 2. C.aston-Phébus fut mêlé,
ans. il faisait ses premières dès 1345, aux événements les
armes contre les Anglais. Il a plus importants. Aussi est-il
lni>s<- un livre intitulé Miroir souvent question de lui dans
de Phebus, des deduiz de la Froissart.
122 DE LA PRECELLENCE
D'oiseaux, de chiens, d'armes, d'amours, Pour un plaisir mille doulours1.
Car il est certain que par les oiseaux est entendue la fauconnerie (appelée aussi la volerie) comme par les chiens la vénerie, et toute autre chasse en laquelle on use de chiens.
Mais pour retourner aux anciens escrits qui ont esté faicts touchant la vénerie et fauconnerie, ou touchant l'une d'icelles, on trouve encore aujourdhuy un livre intitulé Le Romman des oiseaux et de leur chasse, composé par Gaces de la Vigne 2, gentilhomme , qui fut du temps des rois Philippe de Valois, Jan et Charle cinquième : et le composa pour l'instruction de Philippe, fils du roi Jan. Duquel Romman sont ces vers, touchant deux maladies ausquelles les oiseaux de proye sont suhjects,
Ils ont pantais [bien m'en recors) Et filandres, dedans le corps.
Au lieu duquel mot Pantais on escrit Pantois : d'où vient Pantoiser, qu'on lit au Romman d'A-
1. Cf. Hypomneses, 35. Gea toi de la Bigne, né vers 1 * lis deux vers sont de Villon, Grand dans le diocèse de Baveux, fui Testament, uv (Édition Jan- chapelain de Philippe de Valois, net, p. 15). puis du roi Jean qu'il suivit De chiens, d'oyseaulx, d'armes, d'à- dans sarapl i vi t é en Angleterre,
[mours, enfin de Charles V. On ignore
Ckascun le dit à la voll la date de sa mort. CTesl en
* Pour vng plaùir mille douUmrs. * Angleterre qu'il commença a