In Psalra., xxxii ; Enarr. , ii ; Sermon ii
fausse délicatesse, mais vous voyez ma sueur*. » Et il vout qu'on l'aide. « Si je puis, soutenu de votre attention ei de vos prières, m'expliquer comme je le souhaite, j'espère que ceux qui me comprendront seront contents. Quant à ceux qui ne me comprendraient pas, qu'ils excusent les vains ellorts de l'homme et implorent pour lui la miséricorde de Dieu "-. »
Qu'on ne croie pas à une banalité oratoire. C'est en vérité, c'est de cœur et d'âme qu'il se confond avec les écoutants, qu'il ne fait qu'un avec la foule, apprenant, méditant, tremblant ou priant avec elle. « Ecoute-moi, chrétien, mais plutôt non, écoute avec moi ; écoutons ensemble, apprenons ensemble. Si je parle et si vous écoutez, ne vous figurez point que je n'écoute pas avec vous... Dans cette école, nous sommes tous condisciples ; le ciel est la chaire de notre Maître à tous ^. » Encore se peut-il qu'entre les écoliers du Maître céleste le prédicateur ne soit pas le plus habile. « Certes, dit-il un jour à propos du ciel, que celui dont l'intelligence dépasse en ce point la mienne jouisse de la lumière où il me précède et prie pour qu'il me soit donné de le suivre *. m C'est qu'il est pécheur, lui aussi, tout comme ceux qui l'écoutent. Dans le plus fameux passage du sermon sur le petit jiombre des élus, 3Iassillon déclare ne séparer point son sort du sort de la foule. Mais combien plus nous touche le grand et simple évêque d'Hippone, quand, exposant l'oraison dominicale aux catéchumènes, il dialogue ainsi avec eux ! « Devant Dieu, nous sommes tous débiteurs... Tu penses peut-être : Quoi ! vous aussi? — Et nous répondons : Oui, nous aussi. — Quoi! vous, saints évoques, vous seriez, comme nous, débiteurs !
— Oui, nous-mêmes, nous sommes débiteurs comme vous.
— A Dieu ne plaise, Monseigneur ^ ! Ne vous faites pas in-
J . Ibidem, 9.