‹ La prédicationChapitre 104 sur 218 · Sermon ii · texte numérisé non relu

Sermon ii

2. C'est ainsi que, développaul cette parole du psaume xxxii, Mendax {fallax) equus ad salutem, Augustin avertit les fidèles de ne pas l'entendre du juste {eequus), mais du cheval [equus), le mot s écrivant par un e. Voulait-il faire sourire son auditoire? Ne songeait-il pas plutôt aux bizarres confusions qui se font parfois même dans les esprits quelque peu cultivés ? Notons du moins le soin de prévenir toutes les difficultés. (In Psalm., xxxii ; Enar., ii ; Sermon ii, 24.)

3. In principio erat Yerbum. Contre les Manichéens (S. i, 1, 2). — Le blasphème contre le Saint-Esprit (S. lxi tout entier).

4. Comment Dieu peut être présent, perçu comme tel, et cependant invisible. (S. xxiii, 14).

5. Tibi derelictus est pauper (S. xiv tout entier). — Quis esthomo qui

On lit au chapitre xxii de l'Ecclésiastique : « Reste fidèle à ton prochain dans sa pauvreté afin de jouir aussi de ses biens. » Augustin met tout d'abord en lumière le sens obvie. Deux éléments s'en détachent : un conseil et une raison qui est une promesse. Mais voici l'objection. Si le conseil est, en soi, bon et généreux, la raison paraît étrange, la promesse n'étant guère assurée. Il se peut en effet que lami pauvre ne rentre pas dans ses biens, et dès lors comment les partager avec lui? Oii sera la récompense de l'amitié fidèle ? Cette difficulté, l'orateur lui donne tout le relief possible, en la développant avec insistance au moyen du dialogisme populaire oià il est passé maître. Et que faire sinon de chercher un autre sens plus relevé que le sens direct, et pur de toute condition hypothétique? Mais encore où le trouver? Tel est le problème. Ici se présente en façon de moyen terme ou de donnée auxiliaire le souvenir de Lazare et du mauvais riche, et le prédicateur s'y arrête à loisir, piquant la curiosité par l'attente et voilant encore sa conclusion. Mais enfin elle s'impose. Pour n'avoir pas respecté Lazare ici-bas, le riche n'a point de part aux biens dont le pauvre glorifié jouit dans le sein d'Abraham. Et voilà le sens pratique, le sens chrétien de l'oracle : restons fidèles au pauvre en le soulageant par l'aumône temporelle, afin de partager le trésor céleste qui lui est promis. Est-ce tout ? Non ; la pensée d'Augustin monte le plus naturellement du monde à une autre conclusion plus belle encore et plus touchante. Qui est pour nous le procliain par excellence? Qui est le grand pauvre auquel nous devons fidélité? C'est Jésus-Christ lui-même, Jésus- Christ souffrant et humilié pour notre amour. Gardonslui notre foi sur terre et ses richesses immortelles sont à nous. — On a là le sermon tout entier, modèle simple, mais excellent d'unité, de progression, de plénitude, et bien fait pour nous apprendre ce qu'on peut tirer d'un texte, à condition d'y appliquer tout son esprit et toute son âme.

vult yitam?{S. ccxcvii, 4, 8, 9, 10. Cf. lu Psalm., xxxii; S. ii, 17, 18). — Timeat Deum omnis terra (In Psalm., xxxii ; Enarr., S. ii, 12).

SAINT AUGUSTIN 1 / i

L'interprétation de l'Écriture mène tout d'abord à établir le dogme ; partie essentielle de notre tâche, mais partie toujours difficile, car il s'agit de rendre accessibles à tous des vérités accablantes par leur hauteur. Qui que nous soyons, prédicateurs de grande ville ou catéchistes de village, impossible de nous dérober à ce problème pratique ; mais d'autre part, qui que nous soyons, nous pouvons nous mettre en toute confiance à l'école du génie, quand le génie est humble de cœur. Le prince de la théologie antique, le docteur admiré^ consulté dès son vivant par la chrétienté tout entière, l'aigle d'Hippone, excelle en particulier dans ce genre de mérile, dans l'exposition populaire des dogmes les plus relevés. Qu il explique le Symbole aux catéchumènes, embrassant en quelques pages tout l'ensemble de la doctrine * ; qu'il prémunisse contre les sophismes pélagiens un auditoire où les simples d'esprit font le plus grand nombre' ; que, comparant le saint Précurseur au divin Maître, il analyse les rapports du Verbe et de la voix '^ ; partout le catéchiste orateur est admirable de netteté familière, originale, saisissante, mais peut-être encore plus touchant qu'admirable, tant la charité déborde alors de son àme, portant au comble cette puissance communicative dont il nous a déjà donné l'exemple et la leçon.

Le mieux que nous puissions faire est de le voir à l'œuvre, aux prises avec le plus redoutable des mystères, la Sainte-Trinité *. Rien ne vaudra cette étude pour nous apprendre qu'en tous lieux et sous toutes les formes la prédication est essentiellement un catéchisme, mais un catéchisme auquel rien ne défend l'éloquence, voire même la sublimité.

Entrons en idée dans la basilique épiscopale d'Hippone, et là, oubliant pour un moment nos connaissances théolo-

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