‹ La prédicationChapitre 110 sur 218 · S. IV · texte numérisé non relu

S. IV

« A ceux qui vous disent : Vous n'êtes pas nos frères, » dites : Vous êtes nos frères ^ » — Et après avoir expliqué que ce titre ne convient proprement qu'aux baptisés engagés dans Thérésie, Augustin poursuit : « Peut-être vous diront-ils : Pourquoi nous poursuivre? Que voulez-vous de nous ? — Répondons : Vous êtes nos frères. — Ils diront encore : Arrière, nous n'avons rien de commun avec vous. — Eh bien ! nous avons, nous, bien des choses communes avec vous Confessant tous un même Christ, il nous faut vivre dans le même corps, puisque nous vivons sous la même tète. — Mais pourquoi me rechercher, si à tes yeux je suis un homme perdu? — 0 fohe, folie insensée! Et pourquoi donc irais-je à ta recherche, sinon parce que tu es perdu? — Mais étant perdu, comment suis-je encore ton frère? — C'est que je veux m'entendre dire : « Ton frère » était mort et il revient à la vie, il élait perdu et le voilà )) retrouvé-, »

Il faut encore au moraliste chrétien l'énergie, la force pressante, qui achève la victoire et décide les résolutions. Augustin ne le cédera pas en ce point à Chrysostome luimême. S'il ne lui arrive guère, à notre connaissance, d'interrompre son enseignement pour batailler à outrance contre un abus ou un vice, personne du moins ne le surpasse en vigueur, quand les besoins de l'auditoire ou le développement normal de l'Écriture le mettent dans le cas de poursuivre un résultat immédiatement pratique. Le champion de Dieu pousse alors sa pointe avec une vigueur irrésistible.

Entendez-le prêcher, soit le pardon des injures ^, soit la nécessité de préférer la vie future à la vie présente*, soit la sagesse qui ne prend pas le silence de Dieu pour une connivence ou un oubli ^. Suivez, à travers des détails singu-

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