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SAINT ALGUSTLN 187
liers et des allég-ories parfois étranges, son argumentation inexorable contre les chrétiens qui acceptent de manger dans une salie oii figurent des idoles *. Mais voyez-le surtout presser de toute sa force et de tout son amour l'àme faible qui diffère de se convertir. Augustin multiplie les raisons et met à néant les prétextes ; il attaque de toutes paris cette volonté hésitante, et, quand elle pense lui échapper, il ]a ressaisit tout de nouveau d'une étreinte plus vigoureuse et plus tendre, la poursuivant de retraite en retraite jusque dans le désespoir morne oij elle se jette parfois. Écoutons au moins ce cri d'apôtre-: « Ne me dis pas: Je veux périr. Je ne veux pas, moi, que tu périsses, et monjene veux pas est meilleur que ion je veux. Imagine que ton père, menacé de léthargie, est là, malade, entre tes mains ; que tu es au chevet du vieillard ; que le médecin te dit : Ton père est en péril ; cette somnolence est un appesantissement mortel ; surveille-le, ne le laisse pas s'endormir. Quand tu le verras assoupi, réveille-le ; s'il ne suffit pas de le réveiller, secoue-le : si c'est trop peu encore, pique-le : il y va de sa vie. Alors te voilà aux côtés du vieillard, prenant à tâche de le contrarier. Lui se laisse aller mollement à un mal qui le flatte ; il ferme ses yeux appesantis. Mais tu cries à ce pauvre père : Ne dormez pas. — Et lui : Laisse-moi, je veux dormir. — Et toi : Mais le médecin a dit: Sil veut dormir, ne le permettez pas. — Et lui : De grâce, laisse-moi ; je veux mourir. — Mais je ne le veux pas, moi, dit le fils à son père, à ce malheureux père qui accepte la mort. — Ah ! tu veux différer la mort d'un père, lu veux vivre quelques jours de plus avec ce vieux père, qu'il faudra pourtant bien voir mourir. Et voici Dieu qui tu crie : Ne t'endors pas, ou crains de t'endormir à jamais ; réveille-toi pour vivre dans ma compagnie, pour avoir un Père immortel. Tu l'entends, et tu restes sourd ! » Hélas! on n'entend quelquefois que pour se plaindre, pour se récrier, pour accuser cette prédication importune