Premier sermon pour la QuiiKjuagésime
2. Yoici quelques types do ce développement plus ample: Diligite inimicos vestroN. Cliarité fraternelle. Proposition. Vendredi après les Cendres (1660). — Prière de Notre-Seigneur au Jardin. Première Passion. I'^"' point (1660). — Spiritus Domiiii super me. Premier sermon pour le deu.vième dimanche d'Avent. I'^'" point.
3. Mg"" de Ségur disait avec une simplicité un peu rude : « Les prêtres .«ont parfois si ennuyeux dans leurs Instructions parce qu'ils
En tout cela, nous l'avons dit, Bossuet reproduit les Pères en disciple original et de génie. Mais ce qui est à lui plus qu'à personne, c'est une singulière chaleur et impétuosité dame par où il s'empare du texte, le fait sien, le continue en se confondant avec l'écrivain sacré, ou même avec le divin Maître qui parle. C'est ainsi qu'il commente la prière de Notre-Seigneur à la Cène ^ et de quelle vivacité !
« Pater, quos decUsti mihi^ Père, ceux que vous m'avez donnés, non seulement comme mes compagnons et mes frères, mais comme mes membres; do/o, je veux; ah! ce sont mes membres ; si vous me laissez la disposition de moi-même, vous me devez laisser celle de mes membres. Volo ut ubisum ego et illisint ; je veux que là où je suis, ils y soient aussi. Si je suis dans la gloire, il faut qu'ils y soient, mecum, mecum^ avec moi, par unité avec moi... »
Ces quelques mots donnent une idée de la manière, manière vivante et chaleureuse entre toutes, mais qu'il n'est assurément pas difficile de s'approprier.
LEcriture étudiée à fond est la première force de Bossuet, et qu'on nous permette de le répéter avec insistance, il ne tient qu'à nous que cette force devienne nôtre : c'est affaire de méditation habituelle, affaire de travail et de piété encore plus que de talent. Prenons-y garde aussi. Manifestement Bossuet apporte à l'interprétation du texte sacré les ressources d'une nature supérieure, la puissance d'une âme d'élite appliquant à l'objet toutes ses facultés à la fois. 3Iais s'il est vrai de dire en un sens que par là il donne du sien à l'Ecriture, il lui doit certes beaucoup plus qu'il ne lui donne. C'est dans la Bible qu'il trouve ce trésor d'idées nobles et précises qui fait comme le premier fonds de son génie. C'est dans la Bible qu'il trouve, et le développement de ses aptitudes oratoires, poétiques, lyriques, et la meilleure part de son style incomparable. C'est elle qui, en
ont un style de convention, à périphrases... » [Vie de MS'' de Segiir, t. I, p. 119.)