Non veni pacem mittere sed gladium. (Matth., x
qui persisteront dans leurs scandales. Il y aura des chrétiens lâches qui, convaincus de leurs scandales, n'auront pas la force d'y renoncer. Mais Dieu, parmi ces âmes lâches et ces âmes dures, a ses prédestinés et ses élus ^ » Il disait encore, en se justifiant de prêcher à la Cour la sévérité évangélique : « Je n'y persuaderai pas, mais au moins j'instruirai. La sévérité que j'y prêche n'y sera pas pratiquée, mais au moins elle y sera connue^. » Grand principe, que nous avons déjà rencontré une fois : c'est que, dût-on ne rien ohtenir sur l'heure, il est bon, il est nécessaire de ne pas laisser périr la notion du devoir, l'idée même de la vérité. Ne chargeons pas sans grave motif la conscience des écoutants; mais n'est-ce pas souvent un assez grave motif que d'avoir à décharger la nôtre?
Celle de Bourdaloue est loyale, inflexible sans exagération ni aigreur. La ciiarilé tempère le zèle, disons mieux, elle l'achève, et d'ailleurs le bon sens est de tout. La mesure est gardée, la limite posée avec exactitude^, le découragement combattu ; mais surtout le cœur de l'apôtre reste visible parmi les répréhensions les plus pressantes. A tout prédicateur sérieux, on reproche çà et là de damner les gens, comme s'il travaillait à autre chose qu'à les empêcher de se damner. Le nôtre ne craint rien tant que d'être un jour devant Dieu l'accusateur de ceux qui auront négligé sa parole. Les Apôtres et leurs continuateurs icibas ne doivent-ils pas juger les douze tribus d'Israël ?
« Ah! Seigneur! serai-je donc employé à ce triste ministère? Après avoir été le prédicateur de cet auditoire chrétien, en serai-je l'accusateur, en serai-je le juge? Prononcerai-je la sentence de réprobation contre ceux que je
1. Scandale. I'''^ partie, fîu, premier Avcnt, deuxième dimanctie.