‹ La prédicationChapitre 143 sur 218 · Lisez aujourd'hui : honnêtes gens · texte numérisé non relu

Lisez aujourd'hui : honnêtes gens

jugement même du monde : comment le serait-on à celui de Dieu ? »

N admirez-vous pas cette fermeté sévèrede la conscience, mais en même temps lart simple qui fortifie la vérité de l'opposition même qu'on lui fait ? Encore quelques traits d'application pratique, entre lesquels il faut noter l'hypocrisie religieuse où se jettent parfois les enrichis pour innocenter la scandaleuse rapidité de leur fortune, et le raisonnement aura toute sa force, toute son éloquence.

Dès lors aussi, la première des trois thèses est bien établie ; la richesse est convaincue d'être l'aliment de la concupiscence des yeux, l'occasion de mille injustices, et par là même un grave péril de réprobation. Bourdaloue indique brièvement laumône comme remède et sauvegarde, puis il se hâte d'annoncer le second point.

En vérité, n'éprouve-t-on pas je ne sais quel effroi en songeant que tout ce qu'on a vu fait seulement la moindre partie de son œuvre ; qu'après cette profusion de pensées, d'enseignements, d'autorités, d'observations fines ou fortes, il en est encore au tiers de sa course ? Disons-le une fois pour toutes, nous n'oserions engager personne à prêcher aussi longuement. Heureux l'auditoire capable de suivre plus d'une heure durant cette parole abondante et serrée ! On sait que les contemporains de Bourdaloue ne s'en lassaient pas, et d'ailleurs il n'est que juste d'admirer la fécondité qui rend de tels discours possibles, et l'éloquence, la sobre mais puissante éloquence, qui les empêche de languir et de fatiguer. Nous l'avons vue à l'œuvre, nous avons tâché de la surprendre dans ses procédés simples, constants, quasi invariables au fond, mais d'ailleurs souples et riches en résultats. Glissons plus rapidement sur le reste. Aussi bien, le spectacle serait toujours le même ; toujours l'attention méthodique d'où naît l'analyse profonde ; l'énumération où rien ne manque ; l'accumulation qui par elle-même ébranle l'esprit, accélère la marche du discours et commence le mouvement.

Chaque point est ici une thèse partielle, mais complète,

avec sa proposition et sa division à part : nous le savons, Bourdaloue a le tour didactique et ne s'en cache pas. Comme l'opulence à conquérir enflamme la convoitise, l'opulence possédée enfante l'orgueil, orgueil devant les hommes, orgueil à l'égard même de Dieu. Tel est le trait à faire saillir. Cette division, évoquée par la réflexion la plus simple, va se développer en deux parties très différentes d'allures et oii se montre la souplesse de la méthode.

— Orgueil du riche dans ses relations avec les hommes. Voilà matière à l'observation et au raisonnement tout ensemble, et Bourdaloue excelle à les unir. Ici, le professeur trace le programme du détail, un prt)grammc presque sec ; mais ne craignez rien, c'est le moraliste qui le remplira. Voici venir une série de tableaux, mais de tableaux qui s'expliquent et se raisonnent eux-mêmes, disposés d'ailleurs suivant une logique parfaite, assez forts en couleur et poussant au sentiment.

Regardez cet homme arrivé à la fortune : il n'a besoin de personne, et, dès lors, pourquoi se donnerait-il la peine d'être doux, patient, déférant envers qui que ce soit? Au contraire, c'est lui qui tient tout le monde dans sa dépendance, et il jouit de le sentir ; aimé ou craint, peu importe ; il se complaît à voir les hommes sous ses pieds. — Élevé par son opulence au-dessus des lois et de la censure, comment n'oserait-il pas tout? Nourri d'adulations, comment garderait-il une juste idée de sa vakur personnelle? Dispensé du mérite, à quoi la richesse supplée, ou mieux, ayant dans la richesse même l'équivalent d'un mérite universel, par quel prodige conserverait-il cette dose élémentaire d humilité qui est le bon sens ? — La satire est complète, bien justifiée en raison, vivement peinte, plaisante ou indignée. Sens pratique de la vie, logique, esprit, verve, passion contenue mais vigoureuse, tout y est ; mais tout reste grave, chrétien, sacerdotal, car tout s'appuie sur des textes bibliques heureusement choisis, ingénieusement développés. Comparez au riche de Bourdaloue le Giton de

La Bruyère, l'opulent fastueux décrit par Bossuet dans le sermon sur l'honneur. Ces deux maîtres auront l'avantage d'une imagination plus en dehors, familière chez l'un, chez l'autre grandiose et magnifique: et cependant Bourdaloue gardera son mérite propre, celui de la plénitude rationnelle, de la puissance sobre, mais complète, qui satisfait et rassasie Fesprit.

— Orgueil du riche à l'égard de Dieu. L'opulence est, à la lettre, une idole, etFamour dont elle se fait aimer par qui la possède, un culte, une adoration véritable.

A cet endroit, la manière de l'orateur change avec l'objet. Il s'agit moins de mettre un fait en relief que d'établir une vérité capable de surprendre au premier abord, et nous aurons un modèle achevé d'argumentation populaire. Qu'est-ce que l'idolâtrie? Qu'est-ce que l'amour de l'or? Comparez les deux notions : vous les verrez identiques. Au reste, l'Écriture nous met la vérité sous les yeux. Écoutez l'Éphraïmite répondre au Prophète Osée : « Qu'ai-je besoin du Dieu que tu m'annonces? J'ai fait fortune : voilà mon Dieu à moi ^ »

« Ah ! chrétiens, combien de fois ce scandale s'est-il renouvelé dans le christianisme! Tandis que tous les prédicateurs font tous leurs efforts pour persuader aux fidèles les vérités évangéliques, combien de riches s'élèvent secrètement contre eux ! Quoiqu'ils ne s'en expliquent pas comme cet impie et cet apostat, quel mépris des maximes de Dieu ne leur fait pas concevoir l'avarice qui les domine ; et, s'ils osaient produire leurs pensées, avec quel orgueil ne diraient-ils pas comme ce malheureux : Dives effectus sum; inveni idolum mihi? Non, non, n'espérez pas de nous convertir par votre zèle. Quand vous parleriez le langage des prophètes, vous n'y réussiriez jamais ; nous sommes riches et dans la prospérité; avec cela tous vos discours seront inutiles. Vous nous prêchez un Dieu et nous en servons un autre ; le vôtre est le Dieu de la sainteté et des

1. Verumtameii dives effectus sum ; inveni idolum mihi. (Osée, xii.)

vertus, et le nôtre est le Dieu des richesses et de l'opulence. Vous dites que ces deux divinités ne peuvent s'accorder ensemble ; et voilà pourquoi nous vous déclarons que vous ne gag^nerez rien sur nous, parce que nous sommes déterminés à suivre celle que le monde adore et dont il dépond.

« Ainsi, dis-je, s'exprimeraient tant de riches, s'ils voulaient nous découvrir leurs sentiments ; mais, sans qu'ils nous les découvrent, leur conduite nous en répond, et nous fait assez connaître les véritables dispositions de leur cœur. Parlons naturellement et sans figure. Qu'est-ce qu'un riche dans l'usage du siècle? Ne vous offensez pas de ma proposition ; plus vous l'examinerez, et plus elle vous paraîtra vraie. Qu'est-ce qu'un riche enflé de sa fortune ? Un homme ou absolument sans religion, ou qui n'a que la surface de la religion,, ou qui n'a que très peu de religion; un homme pour qui il semble que la loi de Dieu ne soit pas faite ; un homme qui ne sait ce que c'est que de se contraindre pour s'assujettir aux observances de l'Église ; un homme qui, sans autre raison que parce qu'il est riche, se dispense de tout ce qu'il lui plaît ; un homme qui ne se soumet à la pénitence qu'autant qu'elle ne lui est point incommode ; un homme pour qui les ministres mêmes de Jésus-Christ ont, non seulement des égards, mais de la crainte ; un homme qui, jusque dans le tribunal de la confession oii il paraît en posture de coupable, veut qu'on le respecte et qu'on le distingue ; un homme qui accommode le culte de Dieu à ses erreurs et à ses goûts, au lieu de régler ses goûts et de corriger ses erreurs par la pureté du culte de Dieu : et tout cela fondé sur son état d'opulence qui l'enorgueillit, »

Aussi faut-il que le riche se réfugie dans l'humilité, qu'il s'y plonge, qu'il s'y abîme : le remède est là.

Et la pensée de Bourdaloue reprend son élan pour fournir la dernière partie de la carrière. Tant d'efforts n'ont pas épuisé cette intelligence toujours paisible et maîtresse de ses mouvements. Le calme dans l'activité ardente, la pleine possession de l'esprit, la force de le tenir appliqué sans

précipitation etdèslors sans confusion, voilà bien le caractère saillant de ce maître et peut-être le dernier secret de sa fécondité. Trait d'ailleurs commun aux grandes âmes du dix-septième siècle, si parfaitement sereines et si puissantes par leur sérénité même. Qualité bien enviable pour nous qui vivons d'entraînement et de fièvre, exposés à perdre en agitations stériles le meilleur de notre puissance. 1 Oii retrouver cette force calme et patiente dont l'absence nous amoindrit en nous épuisant? Nos devanciers la devaient à la gravité chrétienne de la vie, au courage viril de l'étude, à la pratique de la méditation quotidienne. La source n'est pas fermée : pourquoi nous priverions-nous d'y aller puiser à notre tour?

Mais revenons au sermon sur les richesses, au prédicateur que nous avons laissé à sa table de travail, attaquant la dernière partie de sa tâche. Il sait le monde et il n'y a que trop vu Topulence tourner le plus souvent au bénéfice de la plus redoutable des convoitises, de celle qui se nomme excellemment la passion. Usage de la fortune, piège terrible aux âmes, et le mauvais riche de notre Évangile semble n'avoir péri que par là.

Or Bourdaloue, quand il compose, n'oublie jamais de se placer en face de l'auditeur; il le voit, il le pénètre, il l'écoute penser, objecter, s'étonner, murmurer peut-être, et là, de sa cellule, il le prend à partie et lui répond. Qu'a donc fait le riche damné que de jouir de sa fortune selon les maximes reçues dans le monde? — Eh bien! son crime est de n'avoir songé qu'à en jouir, car la richesse n'est pas pour la satisfaction égoïste du riche ; elle ne donne pas droit aux délices et à la somptuosité. Voilà la sévère morale qu'il s'agit d'établir. Une dernière fois, Bourdaloue honore la sagesse profane en l'appelant en témoignage. L'épicurien Horace, qui faisait du stoïcisme à ses heures, a llétri éloquemment l'opulence égoïste qui laisse les indigents soutiVir et les temples crouler. — Mais place à la sagesse chrétienne. Entendons saint Chrysostome avertir les privilégiés de la fortune que la mortification leur est parti-

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cullèrement nécessaire. N'ont-ils pas plus de tentations à vaincre, plus de fautes à expier, mais, en même temps, moins d'occasions de faire pénitence ? — Cependant, on murmure encore. — A quoi donc me servira mon bien? — A bien faire. Croyez-vous que Dieu vous l'ait donné pour votre seul plaisir?

Hélas ! on le croit ainsi par le monde, et, après les principes développés avec une vigueur entraînante, le prédicateur a besoin de se rabattre sur les faits pour les dénoncer et les juger. A quoi sert communément la richesse? A la volupté, à la ruine de la pudeur. Ici, l'accumulation reparaît ; le flot se forme, grossit, monte, n'épargnant rien, pas même le prêtre scandaleux qui achète sa honte du bien des pauvres et de Dieu même. Plaisirs coupables, tout au moins luxe insensé, luxe maudit : voilà l'usage commun de l'opulence. Par là elle favorise la concupiscence de la chair après les deux autres. Par là elle achève de se montrer comme un grave péril de réprobation.

Nous récapitulons, et Bourdaloue ne Ta point fait. Il ne songe pas davantage à terminer par un grand effort d éloquence. Il compte beaucoup plus sur la force indivisible de l'ensemble que sur une sorte de fracas final, passé ailleurs en habitude et souvent bien inutile à l'effet sérieux du discours. Après ce duel à outrance contre le préjugé mondain, il veut une conclusion simple et grave. Avec l'Apôlre saint Jacques, il invitera les riches à pleurer la vanité de leur fortune, à la sanctifier par l'aumône, par l'aumône personnelle, par la vue et le contact fraternel de la pauvreté, enfin par la pauvreté de cœur oii tous les états peuvent prétendre, et il se taira, laissant à la grâce de faire le reste.

N'a-t il pas droit d'être humblement satisfait et de bénir Dieu en simplicité pour le travail accompli ? Certes, il n'a pas trahi son ministère. Devant parler à la Cour, dans le sanctuaire de la grandeur et de la fortune terrestres, il a soutenu sans complaisance comme sans hauteur les leçons évangéliques et la sainte loi du détachement. Il a fait mieux

qu'une pièce d'éloquence, un grand acte de bon sens chrétien, de vigueur et de probité sacerdotales. Il pourrait, son manuscrit à la main, se présenter la conscience tranquille devant les saints Docteurs, devant les Apôtres, devant le Maître divin lui-même. Il est bien de leur école, et, après les avoir si amplement et fidèlement commentés, il ne serait pas désavoué d'eux. A vrai dire et si l'expression ne ravale pas trop son objet, c'est là le public dont il se préoccupe et le sutirage qu'il ambitionne. L'accent même de sa parole en témoigne assez haut.

Quant à nous, qui avons essayé de lire par-dessus son épaule et de prendre son art en flagrant délit, qu'avonsnous vu qui ne soit admirable, mais en même temps simple et à la portée de tous? L'attention exacte, soutenue, méthodique, l'effort patient d'une intelligence paisible, disciplinée, maîtresse d'elle-même ; un grand esprit qui enseigne sans prendre la peine de s'en cacher, mais qui enseigne de par Dieu et l'Église, uniquement jaloux de communiquer les trésors d'érudition sacrée dont il leur est redevable ; une grande âme qui s'émeut, et nous avec elle, au simple contact de la vérité, mais de la vérité pénétrée jusqu'au fond et déployée tout entière : voilà ce que nous avons vu et ce qui nous reste comme la meilleure leçon pratique. Tel est Bourdaloue et tel devons-nous être selon nos forces. Telles étaient, sauf les nuances individuelles, tous les maîtres qui ont passé devant nos yeux.

Maîtres et modèles par excellence, non que tous les autres soient inutiles, mais parce que ceux-là sont les plus grands, les plus complets, les plus constamment irréprochables, parce qu'ils ont frayé le chemin à tous les autres et qu'on n'a pu bien faire qu'en les imitant ; vrais classiques de la chaire par où il est sage de commencer, oiî il est doux de revenir. Qu'après Chrysostome et Augustin on lise quelques-uns des autres Pères : saint Basile, saint Grégoire de Nazianze, saint Ambroise, saint Hilaire, saint Bernard. Qu'après Bossuet et Bourdaloue on fréquente

Massillon, Lacordaire, le cardinal Pie ou tel autre contemporain de bonne marque ; on y trouvera d'autant plus d'agrément et de profit qu'on aura mieux goûté la Heur et la pure substance de la prédication traditionnelle. 3Iais de quoi ne se priverait-on pas, faute de connaître et de pratiquer tout d'abord ceux dont nous avons crayonné le portrait?

Maîtres et modèles sûrs, parce que, malgré les inégalités, les fautes d'art et de goût, toujours compatibles avec le génie, avec la sainteté, avec 1 inspiration même, tous ont marché dans la voie véritable, telle que l'a tracée le 3Iaître des maîtres, Jésus-Christ, le prédicateur divin ; parce que, dans leur façon de concevoir et de traiter la sainte parole, tous ont bien été les hommes de Dieu, les continuateurs et les images de l'Homme Dieu. Hommes, ils ont mis dans leurs discours au moins toutes les puissances naturelles de l'âme, et, le plus souvent, toutes les ressources du grand art. Hommes de Dieu, serviteurs passionnés de sa gloire, ils ont rapporté, subordonné, quelquefois sacrifié à cette préoccupation maîtresse, et les chances de gloire humaine, et les jouissances plus délicates que trouve un esprit d'élite à se mirer dans une œuvre achevée. La nature exploitée pour Dieu, la nature immolée à Dieu : voilà, en deux mots, le programme de l'homme qui a l'honneur de parler au nom de Dieu. Ce fut le leur; c'est pour y être demeurés fidèles qu'ils sont les maîtres et le seront toujours.

Oui, maîtres et modèles d'une actualité impérissable. Et qui aurait pu vieillir en eux ? Est-ce la dogmatique ou la morale? Mais ni le christianisme n'a changé, ni le cœur de l'homme, et, quoi qu'il en soit des accidents de surface, le fond des choses est pour nous ce qu'il était pour eux, l'invariable nature, l'invariable Décalogue et l'invariable Credo. Est-ce leur manière qui ne serait plus de mise? Mais, à part quelques détails de costume, de toilette, oserait-on dire, qu'y a-t-il dans leur manière sinon l'art éternel de la communication éloquente, l'art de dire

quelque chose à quelqu'un, l'art d'investir et d'envahir du vrai l'âme tout entière?

Disons-le en courant, pour y insister ailleurs. On veut être actuel et on a raison Mais qu'on le soit à leur manière et qu'on le devienne avant tout à leur école. Ce sera chose facile et prompte que de jeter sur le corps de la doctrine une légère draperie moderne qui la fera mieux reconnaître et mieux accueillir. Mais le corps est plus que le vêlement, et les vieux maîtres, les maîtres sacrés surtout, nous apprendront à conserver à ce corps la beauté, la force, la vie. On s'inquiète de rajeunir la prédication; à la bonne heure! Mais qui donc la fait vieillir et languir? Qui la ferait mourir s'il était possible? Ne serait-ce pas, avant tout, la pauvreté des idées, le manque de fonds, l'affadissement de la vérité dogmatique et morale? Qu'on remonte aux sources, qu'on mette à les exploiter le même talent qu'on dépt-nse trop souvent dans le vide : on sera neuf à mesure qu'on sera phis clirétien.

Pour nous, une moitié de notre tâche est accomplie, et, du même coup, l'autre bien avancée. Nous avons vu l'idéal : que reste t-il sinon de le raisonner quelque peu et de le codifier brièvement? Les grandes lois de la chaire se sont montrées à nous, quelquefois déjà par manière de théorie, mais partout et surtout sous forme d exemples. Rien à faire que de les nouer en faisceau logique. Ce sera la seconde partie de cet ouvrage; elle ne vaudra que par la première; elle lui devra de plein droit 1 avantage d une certaine brièveté relative; elle en tirera tout ce qu'elle peut espérer de crédit.

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