Élie Méric, Vie de M. Émery, t. II, p. 57, édit. in
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n'aura pu nous donner que le pressentiment et l'avant-goùt. Le champ est sans limites, et la vie nous manquera plus tôt que la matière tlu travail et la possibilité du progrès.
Après l'Écriture sainte, les Pères. Fénelon raille ceux qui ne les connaissent que par extraits* rencontrés çà et là dans quelque recueil, et il a raison, bien que, à tout prendre, une telle connaissance vaille mieux que l'ignorance pure et simple. Heureux donc celui qui pourrait parcourir le cercle entier de la Patrologie, au moins de la Patrologie oratoire! On ne peut se défendre d'un mélancolique sourire, quand on entend le bon Rollin pousser tous les prédicateurs à la lecture intégrale des Pères et les exhorter bravement à y donner u quelques années de retraite^ ». C'était bon pour les bénéficiers de son temps. Beaucoup d'entre eux pouvaient être assez riches de livres et de loisirs pour n'avoir besoin que de courage. Mais que fera le prêtre contemporain, lancé dans le ministère après une formation hâtive, quelquefois entraîné dans un tourbillon d œuvres extérieures qui laissent à peine un moment à l'étude, le plus souvent, d ailleurs, trop pauvre pour s'accorder une bibliothèque étendue?
Dieu nous préserve de ressembler aux Pharisiens qui liaient des fardeaux impossibles à porter et les imposaient aux épaules de leurs frères^! Mais n'est-il pas véritable aussi que, dans la vie de bien des prêtres, il y a des heures sans emploi? Ne serait-ce pas tout bénéfice que de faire sur le temps disponible la part des modèles anciens, des premiers classiques de la chaire, fallût-il, non pas supprimer, mais restreindre celle des nouveautés courantes.^ La volonté industrieuse ne peut elle pas beaucoup à l'encontre des impossibilités d'apparence? Et s'il n'est donné qu'au petit nombre de posséder une Patrologie complète, qui ne peut, au bout de quelque temps au moins, acquérir les