Ezcchiel, viii
2. Idem, xvi. — On comprend qu'il s'agit uniquement de l'idée générale à reprendre et de quelques traits à choisir. — La même comparaison se retrouve au chapitre xxiii, mais avec une crudité moins imitable encore. — Cf. Osée, ii.
LES PROPHÈTES oh
colorées, passionnées d'une passion toute légitime et toute sainte *. Nous l'avons dit cependant, et il n'est pas superflu àj revenir, la menace n'est pas tout leur rôle, pas plus que la sévérité n'est toute leur âme, et voici dans leur manière habituelle des caractères opposés mais unis qui vont en aciiever le tableau.
Sans doute, la morale qu'ils prêchent est absolument autoritaire et divine. Peu ou point de raisons philosophiques et humaines ; à peine, s'il s'agit de bienfaisance, un rapide souvenir de la fraternité de race et de sang^. La volonté de Dieu apparaît comme le fond du droit, comme le dernier mot du devoir, et certes, en ce point, la loi d'amour n^a rien changé. 3Iais, après tout, le 31aître n'est pas un tyran, ni la soumission un esclavage. En même temps qu'il s'impose de si haut à sa créature. Dieu daigne entrer avec dÏQ en communication familière, se commettre avec elle dans une sorte d'égalité. Comme un père assez sage pour commander tout d'abord lobéissance, mais assez condescendant pour vouloir qu'elle se raisonne elle-même après coup, Dieu argumente son peuple, il plaide contre son peuple, il appelle tout Tunivers à juger entre son peuple et Lui. « Souviens-toi de moi et qu'on nous juo-e ensemble ; parle, si tu as quelque chose pour ta justification 3. )) Quelquefois, c'est Lui-même qui se justifie. « Quel tort ont donc trouvé en moi vos pères, pour me fuir et courir après les vanités 4?)) Ailleurs, le' plaidoyer divm se tourne en plainte saisissante : « 0 mon peuple I que t'ai-je donc fait? Réponds-moi ^ « Car c'est bien à l'un de ces rudes prédicateurs de la Loi que l'Éghse, au jour du grand deuil, emprunte ce cri d'une si pénétrante douceur.