‹ La prédicationChapitre 16 sur 218 · Jérémie, ii · texte numérisé non relu

Jérémie, ii

o. Michée, vi, 3.

36 IfS MAÎTRES

Ils sont rudes, en effet, comme il le faut avec un peuple charnel, à la tête dure et au cœur incirconcis*. Et puis, l'onction évangélique est encore à venir. Ou plutôt, non, elle ne domine pas, mais déjà elle se rencontre ; et voici une seconde opposition qui complète la première. Au milieu des reproches, des menaces, des tableaux de carnap^e et d'extermination sans pitié, on trouve avec bonheur des retours imprévus de miséricorde ; parmi les éclats de ce tonnerre, on est ravi de surprendre quelquefois l'accent de la tendresse et comme la note dominante du cœur de Dieu. N'est-ce pas le terrible Ézéchiel qui nous apprend, à trois reprises, que le Maître ne souhaite pas la mort du pécheur mais son changement et sa vie 2? « Et pourquoi donc voudriez-vous mourir, maison d'Israël 3? » N'estce pas lui qui nous montre Dieu cherchant vainement un juste capable de lui tenir tète, capable d'élever une barrière entre le châtiment et les rebelles*? Isaïe, Jérémie, Baruch, offrent des traits analogues. Plus généralement encore, que voyons-nous constamment dans la menace et les faits, dans la Prophétie et Thistoire? Un peuple de choix que le Seigneur punit en le livrant aux infidèles, mais quMl relève, en tin de compte, pour la gloire de son propre nom. La miséricorde a toujours le dernier mot, et si elle se fait parfois attendre, la faute n'en est point aux Prophètes, encore moins à Dieu même.

Au besoin, le Cœur du Maître, du Père, corrigerait celui des envoyés. L'un d'eux nous donne à ses propres dépens cette leçon touchante, c'est Jonas. Vaincu et ressaisi parle mandat qu'il avait prétendu fuir, il a crié hardiment au milieu de Ninive : « Encore quarante jours, et la ville sera détruite ! » Les quarante jours passent ; Ninive reste de-

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