Voir Première partie, ch. iv
point d'autre mesure que la magnificence d'un Dieu, et qui mettra seule le comble à tous vos désirs : Ecce mercesvestra copiosa. Enfin c'est une récompense éternelle, que vous ne perdrez jamais parce qu'elle est réservée dans le ciel où il n'v aura plus de changement et de révolution : Ecce merces vestra copiosa est in cœlis. »
Or ce n'est là qu'un idéal à saisir quand il se rencontre mais à ne pas chercher curieusement, mais surtout à ne pas créer aux dépens du naturel et de la vraisemblance parfaite. Le même Bourdaloue n'a rien outré en trouvant dans les circonstances de la multiplication des pains une leçon détaillée de tempérance chrétienne ^. Massillon est plus ingénieux que solide quand il en veut faire sortir le code complet de l'aumône-, ou quand il transforme les aveugles, les boiteux, les paralytiques réunis autour de la piscine, en types variés des dispositions mauvaises qu'on peut apporter à la pénitence ^. Le rapprochement forcé, l'application contestable ne sont jamais de saison ; encore déplairaient-ils plus que jamais dans le texte initial mis tout d'abord en évidence comme la source lumineuse du discours.
On entend du reste que le rôle de l'Écriture ne se borne point là. Qui ne lui emprunterait que le texte du début semblerait lui rendre un hommage de pure forme, la saluer en passant et n'en avoir plus souci. L'auditeur a droit de la retrouver au fond de l'instruction tout entière; disons plutôt que le prédicateur a besoin d'y revenir constamment. Là est en effet le vrai point de vue : le recours moralement continu à la parole divine est sans doute une convenance, un devoir d'office; mais mieux vaut encore l'envisager comme une nécessité. Nécessité pour autoriser le détail aussi bien que l'ensemble. Nécessité pour soutenir la pensée qui n'est jamais plus à l'aise qu'appuyée à une pensée étrangère, la commentant et se déroulant à l'entour comme la
1. Tempérance chrétienne, sixième dimanche après la Pentecôte.