‹ La prédicationChapitre 17 sur 218 · Et quare moriemini, domus Israël. (Ézéchiel, xxxiii, il · texte numérisé non relu

Et quare moriemini, domus Israël. (Ézéchiel, xxxiii, il

4. Et quœsivi de eis virum qui interponeret sepem, et slaret oppositus contra me pro terra ue dissiparem eam, et non inveni. (Ézéchiel, XXII, 30.)

bout; Dieu inflige donc un démenti à son Prophète. Étrange orgueil de l'homme ! Jonas s'en afflige, il s'en irrite : « De grâce, Seigneur, n'est-ce pas bien là ce que j'avais dit quand j'étais dans ma terre natale ? Voilà pourquoi je me hâtais de fuir à Tharsis ; je savais trop que vous êtes un Dieu clément et miséricordieux, un Dieu patient, excessif en pitié, et toujours pardonnant à la malice. — Crois-tu donc ta colère légitime*? » répond le Seigneur. Et l'on sait par quelle parabole en action il fait tomber cette étrange colère, indulgent envers celui-là même qui lui reproche de l'être. Mais quelle parole pour conclure ! « Ah! tu te tourmentes sur la mort d'un lierre qui ne te devait rien, dont la croissance n'était pas ton œuvre, qu'une nuit a vu naître et une autre nuit périr ! Et moi je n'épargnerais pas Ninive, cette grande ville oij il y a plus de 120,000 créatures humaines, qui ne savent pas assez distinguer le bien du mal * ! » Voilà pour ceux qui nous reprochent de prêter à Dieu le goût des châtiments et des supplices. Épisode incomparable, un des plus beaux de l'Écriture, et auquel irait bien comme épilogue cette autre parole du Seigneur dans Osée : « Je ne donnerai pas cours aux emportements de ma colère, et je n'en viendrai pas à perdre Éphraïm, car je suis Dieu, moi, et ?ion pas homme ^. »

On entrevoit donc ce que la prédication catholique peut devoir aux Prophètes. Directions fécondes et lumineuses pour la manière de présenter le dogme ou d'inculquer les

1. Obsecro, Domine, numquid non hoc est verbum meuni cum adhuc essem in terra meaPPropter hoc prœoccupavi ut fugereui in Tharsis; scio enim quia tu Deus clemens et misericors es, patiens et

multae miserationis, et ignoscens super malitia Et dixit Dominus :

Putasne bene irasceris tu ? (Jonas, iv, 2, 4.)

2. Tu doles super hederam in qua non laborasti, neque fecisti ut cresceret. quœ sub una nocte nata est et sub una nocte pcriit. Et ego non parcam Ninive, civitati magnœ, in qua suut plusquam cenlum viginti millia hominum qui nesciunt quid sit inter dexteram et siuistram suami... {Idem, iv, 10, 11.)

3. Non faciam furorem irœ mère ; non convertar ut disperdam Ephraïm, quoniam Deus ego et non homo. (Osée, xi, 9.)

grands devoirs ; traits de détail où pourraient s'appuyer des développements admirables, mais en outre longs fragments, chapitres entiers auxquels une paraphrase légère^ un travail très aisé, très loyal d'appropriation et d'ajustement donneraient aujourd'hui et toujours une actualité saisissante. Nous avons, hélas ! à peindre la folie, K^mpuissance, les périls d'une société qui apostasie le surnaturel : Isaïe Ta fait avant nous et pour nous *. — Par contre, il nous est doux de la montrer en espérance reprenant sa foi, relevant ses ruines ; Dieu lui faisant miséricorde, l'arrêtant avant la perte irréparable, l'empêchant de boire jusqu'au fond la coupe de l'aveuglement et de la colère. 3Iais tout cela se trouve déjà dans Isaïe, dans Ézéchiel, dans Zacharie, dans Aggée ^, avec une vérité de peinture et une vigueur de sentiment que nous aurions peine à égaler. — Si les nations sont guérissables, elles le sont avant tout par la pénitence des individus. Prêchons la pénitence avec Isaïe, avec EzéchieP. — Une de nos premières tâches est d'offrir à l'âme persécutée des consolations de bon aloi, de l'encourager à la soumission, à l'espérance. Or, pouvonsnous, en pareille matière, tirer de notre fonds des paroles aussi merveilleusement fortes et suaves que celles de Baruch aux captifs de Babylone ^ ? — Il nous faudra enfin relever les âmes par la peinture des joies surnaturelles que Dieu leur ménage dans l'Eglise et leur promet dans le ciel. Il nous faudra les passionner saintement pour cette Eglise, chef-d'œuvre de Jésus-Christ, comme Jésus-Christ est le chef-d'œuvre de Dieu même. Là encore Isaïe nous a devancés, et nous n'avons, pour ainsi dire, qu'à répéter dans la lumière des faits ce qu'il voyait dans la lumière

1. Isaïe. I : II. 7 à 22; xi.vii ; lix; iv, 16 à 26. — On pcul voir quelles ressources a tirées de là le cardinal Pic. Années 1870, 1871.1872 passim.

2. Isaïe, Li, Liv. — • Ezéchiel, x.vxvii, 1 à 1.5. — Zacharie. viii. — Aggéc, i.

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