Ihid., xxxiii
salut de nos frères ; — plus haut encore, au-dessus de l'intérêt immédiat des âmes, de quelques âmes, Dieu, sa vérité, sa loi, dont il nous faudrait maintenir l'honneur, quand même les âmes seraient si malheureuses que de refuser le salut. Grâce au ciel, notre ministère est celui de Jésus-Christ, et Jésus-Christ est venu non pour juger et condamner mais pour sauver*. Mais, par ailleurs, ce qui nous sauve, c'est la vérité intégrale. Amoindrie, elle perdrait à la fois ceux qui Fannoncent et ceux qui l'écouten t.
Peut-être avons-nous aujourd'hui un plus pressant besoin de nous le redire : à coup sûr, la rigueur n'est pas un moindre mal que la faiblesse ; mais n'est-ce pas du côté de la faiblesse que nous pousserait le vent du jour ? Si ce péril n'est pas, en soi, plus redoutable, n'est-il pas de beaucoup le plus commun? Songeons à nos responsabilités éternelles beaucoup plus qu'aux ombrages de l'opinion. Saint Chrysostome disait éloquemment : « Que nul riche, que nul puissant de la terre ne s'enfle et ne fronce le sourcil ! Fable que tout cela, ombre et songe. Car nul des grands d'ici-bas ne pourra me défendre quand je serai accusé, quand je serai forcé de rendre compte pour avoir manqué d'énergie à revendiquer les droits de Dieu ^. »
Rattachons à la connaissance de la loi ce jugement droit et sain qui apprécie exactement les obligations et les fautes d'après leur importance relative. Il faut, tout ensemble, mettre dans la conscience l'horreur de tout péché, véniel ou grave, et Tinstruire à distinguer nettement l'un de l'autre. D'un mot, il s'agit de fonder le juste sur le vrai. Tâche délicate mais plus digne d'occuper le temps et l'effort du prêtre que les grands aperçus de morale générale oii l'amour du brillant pourrait parfois nous engager.