L. Yeuillot, Les Libres penseurs, liv. VII, n» xxviil
2. Ergo, dum tempus habemus, operemur bonum ad omiies, maxime autem ad domesticos fidei. (Galal.,vi, 10.)
Dans ces limites mêmes, et sur le ferme terrain de la foi professée, écartons tout d'abord de nos études l'apologétique savante et supérieure. Il semble qu'elle se produise plus naturellement sous forme d'écrits ou de cours universitaires; du moins, si on la porte en chaire, ce ne peut être que devant une élite réunie tout exprès. Considérons donc de préférence l'apologétique élémentaire, celle qui sied aux auditoires communs et mêlés, eût-on même lieu de les tenir pour lettrés en grande partie.
Restreignons encore et précisons l'objet qui nous occupe. Prise dans toute son étendue, l'apologétique embrasserait, avec la démonstration des motifs de croire, l'exposition du dogme et sa justification rationnelle, en tant que cette justification est possible. Or, de ces trois éléments nous avons déjà touché les deux premiers *. Le troisième est donc seul en cause ; il s'agit uniquement des motifs élémentaires de croire; il s'agit de les proposer ou, plus exactement, de les rappeler à un auditoire déjà croyant. L'utilité en est manifeste ; c'est trop peu dire, il y a pour le fidèle, aujourd'hui surtout, un intérêt majeur, une nécessité souveraine, à posséder en substance les deux traités fondamentaux de la Vraie Religion et de l'Église. Mais comment les lui présenter, sur quels points appuyer de préférence? Question de forme à employer, question d'arguments à choisir.
Et premièrement, qui empêche d'y consacrer, suivant le lieu et les personnes, des discours entiers, voire même des séries entières de discours? Pourquoi ne dépenserait-on pas, dans l'occasion, la grande part d'un Avent ou d'un Carême àrevoir les preuves de la divinité de Notre-Seigneur ou les titres surnaturels de son Église? On peut d'ailleurs, — et ce sera le plus ordinaire, — s'y arrêter incidemment à propos de tel ou tel point spécial, comme la Résurrection, la Pentecôte, la foi ou tout autre de même nature. Il importe enfin d'y revenir opportune^ importune, avec