‹ La prédicationChapitre 19 sur 218 · Quidquid recipitur. recipitur ad modum rocipientis · texte numérisé non relu

Quidquid recipitur. recipitur ad modum rocipientis

pérament de l'inspiré. La révélation qui éclaire le Prophète ne lui inspire d'ordinaire que le fond substantiel des ciioses, le laissant maître de son style, à peu près comme un secrétaire chargé de rédiger une lettre dont on lui indique le sens précis et les termes principaux*.

Il s'ensuit tout d'abord que, la nature individuelle et originale demeurant chez le Prophète, nous avons plein droit de Tétudier comme telle. Qu'il nous suffise de ne pas oublier l'élément surnaturel, de ne pas le perdre de vue jusqu'à le nier presque, au moins implicitement.

Une autre conséquence, par oij nous entrons comme de plain-pied dans cette dernière partie de notre étude, c'est que les Prophètes ne se ressemblent pas entre eux. Le ton, le style, le tour d'esprit et de sentiment varient de l'un à l'autre; c'est la diversité même de ces grandes âmes, et s'il est téméraire de marquer des rangs, il est loisible et utile de reconnaître les différences 2.

Isaïe est excellemment le sublime; énergique dans la menace^, magnifique dans l'ironie*, doux et gracieux dans la peinture de la clémence divine^. Jérémie est fort, lui aussi, quand il annonce les vengeances du Seigneur^; mais il semble que cette force lui vienne plutôt de la grâce du ministère. Ame impressionnable, triste et même faible jusqu'à un certain point ^, mieux faite pour chanter avec un enthousiasme attendri les miséricordes futures^, mais surtout seule capable d'égaler les lamentations aux douleurs '. Baruch a plus de grâce et de tendresse encore, s'il

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