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Sermon XIV au peuple

La pénitence. — Qu il est indispensable de la prêcher. — Motifs de pénitence. — L'esprit de pénitence. ■ — ■ Est-il aujourd hui un anachronisme? — Le zèle. — Ce qu'il est. — Il faut le prêcher à tous,

— Motifs du zèle. — Conclusion du chapitre. — L'âme chrétienne.

— Son attitude morale et incomparable, — Ses contrastes.

Encore deux sentiments, deux passions de l'âme chrétienne, qu'il nous faut indiquer au moins en courant : la pénitence, que commence la crainte et que la charité couronne ; le zèle, qui n'est que la flamme expansive de la charité pour les âmes. Le prédicateur ne se lassera point de le redire. La pénitence est avant tout dans la volonté résolue à se détourner de la créature et à se retourner vers Dieu. Toutefois elle tend par nature à descendre de la volonté dans le sentiment, et, suivant une marche inverse, notre parole doit s'efforcer de la mettre dans le sentiment pour la faire remonter de là dans la volonté souveraine et l'y implanter plus profonde. Ce n'est donc point erreur de l'envisager comme une passion et de la traiter en conséquence.

Passion complexe et pour ainsi dire à deux faces : elle est honte, crainte et douleur, mais elle est aussi espérance, amour au moins initial, et, si elle atteint la perfection qui lui est propre, elle va se confondre pratiquement avec la charité parfaite. Sentiment d'ailleurs indispensable : toute prédication commence par y faire appel. C'est le premier mot de saint Jean-Baptiste, le premier mot du divin Maître entrant dans sa vie publique, la première conclusion que saint Pierre, à la porte du Cénacle, tire du grand fait de la Résurrection. Le péché est de tous les temps et de tous les lieux ; prêcher la pénitence est donc chose toujours opportune, et d'autant plus que la mollesse ou l'orgueil du siècle sembleraient y répugner. Au reste, si cette prédication a ses temps marqués où elle doit se faire plus pressante, elle n'est jamais hors de propos, et toute circonstance lui est bonne pour se produire, au moins incidemment et par

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traits rapides mais forts. L'âme n'est que trop prompte à se détacher de Dieu ; pourquoi nous lasser de Fy rattacher

sans cesse ?

Or, nous le ferons en excitant, suivant la rencontre, les divers sentiments que suppose la pénitence : honte du péché, lequel ne va jamais sans déraison, égoïsme et bassesse; crainte de Dieu, espérance mais surtout amour, amour de Jésus-Christ souffrant. Là comme ailleurs, le capital est d'instruire. L'âme pécheresse sait que le Ressuscité défie à jamais la mort et la souffrance ; nous entend-elle bien quand nous l'accusons de le crucifier à nouveau^? Et comment lui demander un sentiment profond, une résolution forte, sur la foi d'une assertion vague et d'apparence hyperbolique? Soyons exacts, soyons explicites ; il y va du sérieux de son repentir et, par suite, de sa justification même. Disons-lui bien nettement que le coup, frappé par elle aujourd'hui, a porté, il y a dix-huit siècles, sur le divin Cœur alors mortel et passible ; que son péché était présent comme elle-même à la pensée de la grande victime. Ce fait rétabli et mis en lumière, nous aurons droit de la ranger, et nous avec elle, parmi les bourreaux du Seigneur.

Mais il faut, Dieu aidant, la mener plus loin,jusqua l'esprit de pénitence, qui dépasse les nécessités de la justification, comme l'esprit de confiance en Dieu dépasse l'espérance commandée, comme l'esprit de foi dépasse la foi nécessaire au salut. Et certes Tamour, joint au sentiment de la lustice, est bien de nature à provoquer en elle une indignation généreuse qui lui fait au moins accepter d'être punfe quand elle ne lui donne pas le courage de se pumr. On lui dit parfois que Dieu l'éprouve : ne serait-il pas plus juste et plus salutaire, bien que moins flatteur peut-être,

1 \ioutons : quand nous accommodons à cette vérité un texte dont le sens premier n'est pas certainement celui-là. - Impossible est enim eos qui semel sunt illuminati... et prolapsi sunt, rursus renovari ad pœnitentiam, rursum crucifigentes sibimetipsis Filium Dei et ostentui habentes. (Hébr., vi, 6.)

de lui dire qu'il daigne la châtier ici-bas pour avoir moins à réclamer d'elle dans l'autre vie? Un grand chrétien, frappé dans ses affections les plus chères, écrivait simplement : « Je solde mon compte de pécheur*. » C'est le mot de l'humilité, de la vérité par conséquent, et la prédication doit le rendre familier à toute âme souffrante. Quant à l'ardeur de souffrir, à la passion généreuse d'expier pour soi-même et pour autrui, si elle reste le privilège de l'élite, permettrons-nous que la foule des croyants l'ignore ou la méconnaisse?

Merveilleuse histoire, à déployer dans l'occasion, que celle de la mortification chrétienne, histoire d'hier, d'aujourd'hui et de tous les temps, car dans aucun temps, grâce à Dieu, le sens chrétien n'aura complètement disparu de ce pauvre monde. Tous les fidèles le comprennent-ils assez? Quel étonnement, on pourrait dire quel scandale n'a pas soulevé chez quelques-uns la révélation des austérités de Lacordaire ! On criait à l'anachronisme, comme si la foi et l'amour n'avaient ici-bas qu'une saison. Chose plus déplorable encore et vraiment inouïe, c'est au nom de l'amour même qu'on a prétendu nous affranchir de la pénitence ; on a dit que notre siècle n'est plus celui de la pénitence parce qu'il est celui de l'amour. Il était vraiment difficile d'étayer une jfire fausseté par une raison plus fausse. Mais l'amour qui se sent coupable a besoin de satisfaire pour ses fautes. Mais l'amour innocent tient à honneur et à joie d'expier pour autrui^. Mais si, par impossible, l'amour ne trouvait plus rien à expier en autrui ni en soi-même, à la vue de Jésus souffrant, il ambitionnerait encore de souffrir pour lui ressembler. Voilà l'amour, selon la foi et la nature même, et tout croyant doit en apprendre de nous, prêtres, l'idée au moins et le respect.

1. L. Veuillot. (Voir ses admirables lettres à propos de la mort de ses enfants. 1853. Correspondance, t. I et V.)

2. Il est étrange que des romanciers incrédules entendent mieux que certains fidèles le mystère de l'expiation pour autrui. Dans ses Misérables, à côté de certaines pages immondes et blasphématoires

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Quand l'amour s'élève plus haut que toute considération de justice personnelle, quand il souffre pour payer une dette étrangère, ou mieux encore, pour suivre de plus près Jésus- Christ ; il entre par là même dans la région supérieure du zèle. Explorons-la un moment à sa suite, puisque la tâche de la prédication n'est pas finie tant qu'elle n'a pas établi les âmes sur ces hauteurs.

Le zèle est jalousie ; c'est la force du mot et l'essence même delà chose ; mais jalousie à part, jalousie retournée, pour ainsi dire. Dans l'ordre humain, cette passion est étroite, avare, exclusive, tout appliquée à concentrer, à confisquer l'amour. Dans l'ordre divin au contraire, elle est expansive, libérale, prodigue ; elle ne va qu'à répandre l'amour et à communiquer son trésor. La contradiction s'entend du reste. L'amour humain ne se partage pas sans s'affaiblir; l'amour divin grandit comme la flamme à mesure qu'il s'étend et se propage. Le zèle est donc charité pour Dieu et charité pour l'homme. Dieu n'est pas connu, pas aimé comme il mérite de l'être ; l'homme se perd faute de connaître et d'aimer Dieu. De là, chez qui entend ce qu'est Dieu et ce qu'est une âme, la pitié, la douleur, l'indignation, le désir poussant aux actes, en un mot, toutes les suavités mais plus encore toutes les énergies de l'amour.

Il nous faut donc prêcher le zèle à tous, car il est de l'essence du vrai chrétien. Reprocher à l'Eglise son prosélytisme, c'est lui reprocher une de ses gloires, une de ses notes indispensables, la note de catholicité. Si la religion n'avait plus de zèle, elle ne serait plus amour de Dieu ni amour de l'homme ; elle ne serait plus la religion. Plus que jamais nécessaire à raison du péril des âmes, le zèle est d'ailleurs souverainement profitable à qui l'exerce. Travail-

sur le cloître, le pauvre V. Hugo fait de cette expiation « la plus divine de toutes les œuvres, » et il en parle, sans doute par simple jeu d'imagination, avec plus de justesse et de force que ne saurait ou n'oserait le faire tel chrétien. {Les Misérables, 2^ partie, liv. VIII, uoix.)

1er au salut des autres, c'est garantir excellemment le sien propre : merveilleuse dispensation de la Providence et réponse nouvelle à ceux qui osent bien parler d'égoïsme chrétien. Que la prédication s'efforce donc d'allumer partout cette passion divine. Qu'elle l'inspire au laïque. N'a-t-il pas, lui aussi, le droit et le devoir d'aimer Dieu elThomme? N'est-il pas moins suspect que le prêtre ? Et pourvu qu'il se tienne à son rang, sous la direction de la hiérarchie, quels services ne peut-il pas rendre, quand même il ne s'appellerait pas de Maistre ou Donald, Montaiembert ou Yeuillot ! Mais si la prédication a l'insigne honneur de s'adresser au prêtre lui-même, c'est alors qu'elle doit se faire plus pressante. Le zèle, sainte ardeur que le découragement viendrait si vite et si facilement refroidir ! Le zèle, devoir redoutable, par cela même qu'il est difficile d'en marquer la limite pré cise, le point oiî l'homme de Dieu a droit de se dire : « J'ai fait tout le possible ; c'est assez ; le Maître n'attend de moi rien déplus. » Les responsabilités grandissent avec les besoins et les périls. On peut écrire dans les Théologies morales jusqu'où vont les obligations ordinaires du chargé d'âmes. Mais qui voudrait s'en tenir absolument au minimum, au-dessous duquel on n'est plus même un bon prêtre? Qui pourrait se contenter aujourd'hui des habitudes plus ou moins expectantes et passives, oii a pu se renfermer quelquefois avec moins d'inconvénient le ministère paroissial? Étant donné la situation actuelle, serait-ce trop si tout prêtre pouvait, Dieu aidant, prendre chez lui les habitudes d'un bénédictin et au dehors celles d'un missionnaire?

Mais quel que soit l'auditoire, les grands motifs du zèle demeurent partout les mêmes, et la prédication doit partout en revenir aux mêmes arguments. Qu'elle excite l'amour du prochain, qu'elle dise le prix d'une âme, l'horreur de voir périr une âme, la joie de sauver une âme. Qu'elle développe de toute sa puissance l'admirable sentiment de la solidarité chrétienne, non plus compromis de besoins et d'égoïsmes, mais tout au contraire véritable esprit de corps et de famille, qui rendait l'Apôtre infirme avec tous les in-

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firmesetle consumait d'angoisses pourtous les scandalisés*. Qu'elle commente et fasse passer dans les cœurs ce grand cri sorti du cœur du xAIaître : « J'ai pitié de la foule. » Misereor super tiirbam. Il faut le dire du reste: il est quelque chose de plus touchant, de plus décisif, que la destinée même des âmes, un intérêt qui devrait passer avant le leur, si jamais un conflit était possible : c'est le droit de Dieu, c'est sa gloire. Pour changer la face du monde moderne, de la France moderne, il suffirait peut-être que la prédication sût donner à tous ceux qui l'écoutent encore cette « intraitable jalousie des droits de Dieu 2, » cette passion de la gloire de Dieu.

Mais d'abord il faudrait dire nettement ce qu'est cette gloire extérieure, faite du libre hommage des créatures; comment Dieu en est jaloux, bien qu'il n'y gagne rien en félicité ni en grandeur intime ; comment d'ailleurs il lui a plu de s'abandonner en ce point, du moins ici-bas, aux caprices de la liberté humaine ; en sorte qu'il dépend de nous de lui accorder ou de lui refuser cette gloire, de l'étendre en lui conquérant des hommages, ou de l'enfermer, de l'enfouir en nous, comme le talent du serviteur paresseux. Tout baptisé porte en soi un fond de générosité que l'on ferait tressaillir si l'on dégageait vivement l'idée de la constitution militante et conquérante du christianisme: idée non pas théorique mais pratique, non pas facultative €t, pour ainsi dire, de luxe, mais oii chacun doit entrer pour sa part. Faisons donc voir au croyant l'Église rangée en bataille autour de son « capitaine Sauveur, » comme parle Bossuet, autour de Jésus-Christ le grand champion de la gloire du Père. Dans cette armée qui ne combat que pour sauver, montrons à chacun sa place, éclatante ou humble, place d'avant-poste ou d'arrière-garde, peu importe. Mais quel chrétien n'y a la sienne? Qui est autorisé

1. Qui? infîrmatur et ego non infirmer ? Quis scandalizatur et ego non uror .? (II Cor., xi, 29.)

2. Nous avons déjà vu ce mot du protestant Vinet à propos de Bourdaloue (I^e part., ch. vu).

à se désintéresser de la cause commune? Qui échappe absolument au mandat divin qui nous fait responsables de nos

frères ^ ?

Concluons ces indications trop rapides mais que saura bien étendre et féconder le prêtre qui nous fait l'honneur de les lire. En rappelant les vertus fondamentales, les passions maîtresses que la religion commande et inspire, qu'avons-nous fait autre chose qu'ébaucher le portrait idéal, non pas même de Tâme parfaite, mais simplement de l'âme chrétienne? Eh bien î pourquoi, trop souvent, en demeuret-elle si loin? Est-ce infidélité seule, faiblesse pure? N'estce pas ignorance avant tout? Cet idéal, l'a-t-elle jamais vu clairement? D'ordinaire elle en entrevoit quelques vestiges, quelques linéaments épars; mais la beauté de l'ensemble, en jouit-elle? Et qui la lui montrera sinon le prédicateur? Grande et belle tâche, que de révéler l'âme chrétienne à elle-même, non plus en détail mais dans l'harmonieuse unité de ses contrastes, dans l'entière beauté de cette attitude morale incomparable, qui est en soi une présomption

. du divin.

Elle n'est pas morte, cette âme oii vit Jésus-Christ; elle n'est point mutilée ni même contrainte; elle connaît, accepte et dirige à Dieu toutes ses activités natives. C'est la nature tout entière au service de la grâce qui la conserve

en l'élevant.

Délaces dissonances apparentes, étonnement ou scandale pour le sens humain, joie et ravissement pour la foi qui en découvre l'harmonie supérieure. Homme et Dieu tout ensemble, Jésus-Christn est qu'opposition et contraste : créature et créateur, soumis au temps et affranchi du temps, inférieur au Père et son égal en toutes choses. C'est le fait de ses deux natures subsistant sans confusion dans unePersonnahté unique et divine. Ainsi en va-t-il de l'âme, toute proportion gardée. Qu'elle tienne sa place : en cela consiste l'humilité, la vertu même ; mais cette place

1. Etmandavit illis uuicuique de proximo suo. (Eccli., xvii, 12.)

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est à la fois le néant et le ciel. L'âme n'assemble pas en soi deux substances inégales, et pourlant elle trouve en soi trois éléments bien divers : sa nature unique, indivisible. Je péché qui la dégrade, et le surnaturel qui la divinise. Aussi peut-elle, sans mentir à la condition humaine, ou se déprimer au-dessous du néant, car le néant du moins n'est pas coupable, ou s'élever jusqu'à Dieu, car elle a déjà commencé de partager sa vie. Bassesse et grandeur, misère et opulence : le contraste va se retrouver partout. L'âme sera humble et fiére dans la possession de la vérité reçue; elle aura devant le Maître le saisissement de la crainte révérentielle et le Glial abandon de la confiance; elle unira le deuil et la joie : deuil de l'exil, joie de l'espérance, deuil persévérant à raison du péché qu'elle sent toujours contre elle, joie de Tamitié divine dont elle peut se tenir moralement sûre.

Mais par-dessus tout, la première de ses forces vives, l'amour, sera du même coup poussée à l'énergie la plus intense et contenue dans l'ordre le plus parfait. Elle aimera Dieu d'une passion souveraine, capable d'ailleurs de revêtir toutes les nuances des pures atl'ections terrestres ; amour filial, car l'âme est vraie fille du Père; amour fraternel, car elle est vraie sœur de Jésus- Christ, amour conjugal, oserait-on dire, car le même Jésus, son frère, s'appelle également son époux.

Amour expansif, refluant de Dieu même sur tout ce que Dieu fait aimable en se l'unissant. L'âme aimera l'homme, tout homme; elle honorera, elle servira en lui quelque chose déplus haut que lui-même, mais qui, étant inhérent à lui-même, le rend personnellement et invariablement digne damour, c'est-à-dire Dieu présent, Jésus-Christ présent ou possible en toute créature humaine. Enfin l'âme s'aimera comme Dieu s'aime, d'un amour à la fois nécessaire et pur d'égoïsme; sacrifiant tout à l'homme excepté Dieu, le droit de Dieu sur elle, le droit pour elle de rester ici bas et à jamais dans l'amour de Dieu; sacrifiant tout excepté Dieu même, c'est-à-dire encore une fois le droit et

l'espoir de lui rester à jamais unie d'amour. Veut-on rêver par delà je ne sais quel désintéressement plus sublime? Folie, impiété, chimère. Sacrifier Dieu à l'homme, oublier Dieu pour Fhomme, ne serait-ce pas précisément ôter de l'homme ce qui est seul capable de nous le faire assez bien et constamment aimer? Sacrifier notre salut à Dieu, oublier effectivement, dans un sentiment de pure complaisance pour Dieu, le désir de l'aimer éternellement, ne serait-ce pas cesser de l'aimer? Non, l'âme chrétienne, établie dans le vrai de la grâce et de la nature, sait aimer Dieu sans réserve, l'homme sans idolâtrie, elle-même sans égoïsme.

Et si l'on cherche le secret pratique de l'équilibre, de rharmonie entre toutes ses dispositions et passions opposées, il semble que ce soit encore l'amour, la passion reine qui, mettant toutes les autres en branle, du même coup les met en accord, relevant, ennoblissant, adoucissant la honte, la crainte, la douleur, tous les sentiments propres delà nature pécheresse, absorbant d'ailleurs toute personnalité égoïste, éteignant l'orgueil que pourraient nous inspirer les dons mêmes de Dieu.

Voilà quelque chose de ce que Jésus-Christ veut faire de l'âme et à quoi notre parole doit la préparer. Or c'est l'y préparer déjà que lui en donner la vue claire et la conscience précise. Le but fixé, il restera de l'y mener ou de l'y ramener sans relâche ; c'est le terme de nos efforts, le terme de l'action qu'il nous faut exercer sur elle.

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