‹ La prédicationChapitre 198 sur 218 · LE PRÉDICATELR, LHOMME DE DIEU · texte numérisé non relu

LE PRÉDICATELR, LHOMME DE DIEU

secouer le joug" de la rhétorique artificielle qui nous maintiendrait dans le faux et le convenu, à mi-chemin entre la spontanéité inculte, insuffisante, et le grand art, dont le chef-d'œuvre est de raisonner et de fixer la nature. Aussi hien, si l'orateur n'est que Thomme, voici revenir cette conclusion toute pratique et encourageante : c'est que tout prêtre porte en soi ce qui fait l'orateur, non pas sans doute Poraleur éclatant, magnifique, célèbre, — et qu'importe? — mais l'àme capable d'agir sur d'autres âmes, l'homme de bien, capable de faire du bien.

IL. — N'en demeurons pas là; car si l'orateur est l'homme, le prédicateur est l'homme de Dieu. Si, pour parler utilement, le principal est d'avoir une àme ; à qui parle de Dieu, en son nom, à sa place, il faut tout d'abord une âme pleine de Dieu, une àme qui s'en soit dès longtemps pénétrée, une àme toujours en éveil et en action pour s'en pénétrer davantage. Avancer sans relâche dans la connaissance de Dieu, appliquer à Dieu, fixer en Dieu, remplir de Dieu toutes les habitudes de la pensée, de l'imagination et du cœur, voilà qui est indispensable au prédicateur, comme, à tout homme qui parle, il est indispensable de savoir et de sentir.

Ne traçons pas à nouveau le programme des connaissances sacrées : nous en avons dit assez en étudiant l'objet et les sources de la prédication *. Programme immense, inépuisable aux labeurs de la plus longue vie, inépuisable aux contemplations éternelles des élus. C'est Dieu qu'il faut savoir, et toutes choses à la lumière de Dieu... Dès lors où s'arrêter? Quand se croire quitte avec la glorieuse et sainte loi du travail ? Les études premières n'ont jamais pu être qu'un avant-goût du labeur sérieux de l'homme, un apprentissage de l'activité intellectuelle qui doit charmer

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