‹ La prédicationChapitre 21 sur 218 · Ezéchiel, m · texte numérisé non relu

Ezéchiel, m

i. Le Hir, Etudes bibliques, les Prophètes.

eût lus dans un livre, dit Baruch son secrétaire, et moi je les écrivais à l'encre dans ce volume*. » Baruch lui-même écrit sa prophétie et la lit en personne au milieu des captifs en pleurs ^. Puis on envoie le livre à Jérusalem pour y être « lu dans le temple du Seigneur à quelque jour solennel et favorable ^. » Yoilà donc déjà, comme plus tard au temps des Apôtres, la forme épistolaire suppléant à la parole rendue impossible. Déjà le zèle fait arme de tout'.

Heureuse prédication que celle-là ! Qui nous rendra quelque chose de cette liberté, de cette variété, de cette vie? Le comte deMaistre a peint l'antique science orientale et son aisance magnifique, en regard de notre science moderne trop souvent gênée, froide et sèche dans ses allures ^. On pourrait de même comparer, non sans quelque regret, l'éloquence des Prophètes et sa spontanéité si vivante, avec la nôtre fonctionnant solennellement à jour et heure fixes dans un lieu déterminé. Ou plutôt non, car en devenant partie du culte, la parole sacrée a dû se faire jusqu'à un certain point régulière et solennelle comme le culte luimême. Cequil faut regretter, ce sont plutôt les coutumes des âges et des peuples vraiment chrétiens. Alors la prédication n'était pas enfermée dans le temple, attendant majestueusement et froidement qu'on vînt à elle ; on lui reconnaissait le droit d'aller chercher les auditeurs, de les poursuivre, de s'offrir à eux par des avances qui n'avaient assurément rien d'oppressif. Hélas î cela s'appellerait aujourd'hui attenter à la liberté de conscience, laquelle n'est plus, semble-t-il, que le droit d'oublier Dieu. Alors, à

1. Ex ore suo loquebalur quasi Icgens omnes serinones istos, cl ego scribcbam in voluiniiiL" alrainonlo. (Jérémie, xxxvi, 18. — Cf. li, 60 et suiv.)

Page 1