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leur es comme une musique dont ils s'amusent ; ils écoulent la parole et n'en font rien^ )> N'est-ce point d'une vérité saisissante?
Enfin, la peinture des détails introduit souvent et insinue la leçon, la conclusion pratique; le spectacle évoqué devient alors un argument implicite, et la logique se retrouve jusque dans l'imagination. « En ce temps-là, dit le Seigneur, on tirera de leurs sépulcres les os des rois de Juda, des princes des prêtres, des faux prophètes; on les étalera sur la terre à la vue du soleil, de la lune, de toute cette armée des astres qu'ils ont aimée, servie, suivie, cherchée, adorée-. » Voilà, dans l'image même, le talion vengeur, l'idolâtre puni par oij il a péché. Voici maintenant une pro. messe rendue saillante, elle aussi, par la logique de l'image. N''introduisez pas de fardeaux par les portes de Jérusalem le jour du sabbat, et vous verrez entrer par ces mêmes portes vos rois victorieux, les nations et les richesses de l'univers^.
Mais il est temps de regarder la sensibilité s'alliant à l'imagination pour créer partout le drame, le mouvement, la vie.
C'est merveille que la mobilité, la promptitude, la souplesse de ces âmes courant d'une impression à l'autre ; vives, rapides, exactes à sentir chaque chose à mesure qu'elle se présente et autant qu'elle le mérite ; frappant vite, juste et fort toutes les notes de la gamme du sentiment. Delà, ces visions qui se pressent, puis ces exclamations, ces apostrophes, ces élans de la passion ardente mais rationnelle toujours. Il faut lire, par exemple, il faudrait même s'essayer à traduire, pour mieux l'entendre, ce tableau de la ruine de Jérusalem. « Mes entrailles, mes entrailles se sont émues; les sentiments de mon cœur se troublent en moi ; je ne puis me taire, car j'ai entendu