Joël, II
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nelle. Dieu et le Prophète cherchent de concert ou à tour de rôle un juste dans la nation. Puis Dieu accuse, argumente, menace, toujours en suivant le cours naturel des choses. Même allure au chapitre septième, oii Ton reprend ceux qui mettent leur confiance dans la sainteté du temple, en se dispensant pour eux-mêmes de sainteté. Quoi de mieux enchaîné et de plus passionné tout ensemble que la prosopopée de Jérusalem à ses enfants captifs *, ou que l'invective de Jéréhiie contre les faux prophètes, contre les prédicateurs complaisants 2?
Voilà donc, chez nos plus anciens maîtres, l'art vrai, l'art naturel, expression exacte de l'âme puissante et bien ordonnée. Encore pourrait-on le constater bien plus en détail, retrouver par exemple, même à travers la traduction latine, certains artifices de rythme et de période, consacrés par les orateurs de profession ^. Tels procédés sont dans la nature ; ils ont leur effet, leur valeur utile ; mais qu'ils sont peu de chose au prix de cette vie merveilleuse de l'imagination et de la sensibilité !
Indiquons, pour finir, un dernier moyen souvent mis au service de l'inspiration, quand il n'est pas commandé f)ar l'inspiration elle-même : c'est l'éloquence d'action, d'action symbolique le plus souvent. Quelquefois Dieu montre au Prophète un objet dont la signification lui sera expliquée plus tard, et par lui au peuple *. — Ailleurs, la Providence s'empare d'un fait posé par la liberté humaine et en tire un enseignement. Jérémie voit le potier manipuler à son gré l'argile : ainsi ferai-je d'Israël, dit le Seigneur ^ — Ou bien encore l'homme de Dieu reçoit l'ordre d'accomplir publiquement une action étrange, insolite, parfois cho-