Actes, XVII
2. L'abbé Pauverl, la Vie de Notre-Seif;neiir Jésus-Christ, livre XI, ch. I. — Frcppel, les Pères apostoliques, leçon I.
3. ... Nihil altius do Ejus doctrina homines sestimarent quani quod Scriptura coiUineret. (S. Thomas, pars III, q. 'i2, a. 4.)
accent incomparable. Il ne faut, pour nous en convaincre, que cette preuve de critique élémentaire et, pour ainsi dire, de sentiment infaillible. Ses quatre historiens lui donnent un style partout le même et partout ne ressemblant à aucun autre. Bien manifestement nul d'entre eux n'eût pu lecréer, encore bien moins tous les quatre eussent-ils pu le créer identique. L'invention d'un pareil style serait un miracle, et la rencontre de quatre inventeurs en serait un autre plus incroyable que le premier. Mais non, grâce à Dieu et à l'assistance du Saint-Esprit, les témoins et narrateurs ont été fidèles. S'ils n'ont pu tout dire, s'ils nous laissent possible cette impression d'un au-delà plus idéal encore, du moins est ce bien notre Jésus-Christ qu'ils nous font entendre, Lui, sa langue, son accent, tout son être exprimé ou insinué dans la moins imparfaite des images; et nous en pouvons jouir en toute certitude et allégresse d'esprit et de cœur.
Essayons de nous donner cette gloire, cette consolation, cette puissance. Voilà bien sa parole. Efforçons-nous delà concevoir.
Un jour, des serviteurs des prêtres ont ordre de le saisir; mais ils reviennent sans lui, et, comme on leur demande : « Pourquoi ne l'avez-vous pas amené? » ils répondent, pour exphquer leur impuissance : « Jamais homme n'a parlé comme cet homme *. » Sans forcer le texte ni leur prêter des intentions, ne pourrions-nous voir là une analyse inconsciente, une formule naïve, mais exacte et profonde, de cette éloquence qui les avait désarmés?
En premier heu, c'est bien un homme qui parle, un homme vrai, authentique, incontestable, avec sa façon à lui, son tour d'esprit et de cœur, son originalité humaine, si manifeste qu'elle suffît à établir la réahté historique du personnage, à écarter l'absurde hypothèse du mythe. Ainsi en jugera l'incroyant lui-même, pour peu qu'il ait le sens