Eritis mihi testes. (Act., i
2. Non in persuasibilibus humanae sapienliaî verbis.iit non evacuotur Crux Christi. (I Cor., ii, 'i.)
3. Quia non cognovit mundus per sapientiam Deuui, placuit Deo par stultitiam prîedicationis salvos facere credentos. (Idem, i2I.) — Cf. Landriot, Le Christ de la Tradition, § i.)
Nous pouvons ajouter que la parole apostolique devait être simple pour atteindre d'abord tout le monde, et particulièrement les humbles, ces privilégiés de la grâce divine. Dans un de ses plus admirables discours, Bossuet avance hardiment, d'après les Pères, que les pauvres sont les premiers et naturels citoyens du royaume de Dieu, qui est l'Eglise. Les riches n'y seront admis que plus lard, par condescendance et en faveur des pauvres. Assertion suffisamment vraie, bien qu'il faille bien prendre garde de l'outrer. Mais il en va réellement ainsi dans l'ordre de la doctrine. Elle ne suit point le cours habituel des enseignements humains, qui se propagent en descendant avec plus ou moins de bonheur des doctes à la foule Ici la vérité est d'abord toute simple et populaire, comme il convient aux pauvres et aux petits qui font la masse des premiers disciples. De là elle montera peu à peu à ce qu'on appellerait le niveau des savants et des délicats. En fait, sera-ce monter ou condescendre ? Donald a finement noté cette marche exceptionnelle de la doctrine révélée. « Que font, dit-il, nos grands orateurs chrétiens, anciens et modernes : les Chrysostome, les Augustin, les Bossuet, les Massillon, les Bourdaloue, que d'employer toutes les ressources de l'éloquence, la force ou la grâce du style, à mettre la simplicité de la doctrine chrétienne à la portée des savants et des beaux esprits? Caria sagesse divine, fidèle à l'ordre quelle a établi, suit les progrès de 1 homme et de la société ; et, comme elle voit toutes les conséquences renfermées dans leur principe, elle donne aux faibles des éléments qui seront plus tard développés par les savants dans toutes leurs conséquences et régleront les cœurs en étendant l'esprit ; au lieu que la sagesse humaine, qui n'adresse qu'aux savants ce qu'elle appelle des principes, porte partout la conlusion et le désordre lorsqu'elle veut développer aux faibles les conséquences ^ »
Tout cela fait à la critique rationaliste une situation singuhère. Veut-elle expliquer le succès de la parole aposto-