II Tim., IV
scrupuleuse exactitude * ; par contre, qu'elle dédaigne jusque dans les mots toute nouveauté profane ^^ toujours au courant des choses, toujours condescendante aux désirs légitimes de l'esprit, mais trop digne pour flatter l'orgueil scientifique et les manies intellectuelles du moment ; trop respectueuse d'elle-même et des âmes pour accepter un certain langage à la mode, fait de notions amoindries et de mensonges à demi voilés. Par le même sentiment de dignité, dans la même intention de zèle, qu'elle fuie les curiosités d'esprit et les disputes vaines qui en sont le fruit ordinaire ^ ; entendons les théories douteuses, Jes systèmes, excellents dans l'école, mais hors de place dans la chaire, où tout doit être certain, incontestable. L'Apôtre lui enjoint encore d'être grave, mesurée, irréprochable autant qu'il se peut, c'est-à-dire ne prêtant jamais le flanc à la malignité de l'adversaire*. Il la conçoit puissante, pleine d'empire, autoritaire, comme on dirait aujourd'hui ^, d'ailleurs souple comme le zèle et capable de toutes les formes, discussion, supplication, reproche ^. Voilà bien des traits précieux, d'une application universelle; mais ne les dirait-on pas faits pour notre temps? Tout cela, du reste, ne tient-il pas à la mission du prédicateur comme une suite nécessaire? Orthodoxie, science, exactitude, amour du certain et du pratique, mesure, autorité, souplesse : autant de mérites indispensables à l'homme qui doit être en chaire le ministre, l'ambassadeur de Jésus-Christ, l'homme de Dieu, continuateur de THomme-Dieu.
Tel est le rôle intellectuel, doctrinal, assigné par saint Paul au prédicateur de l'Evangile. Son rôle moral est tracé en caractères encore plus saillants, s'il est possible. En