‹ La prédicationChapitre 54 sur 218 · Philipp., IV, 10 à · texte numérisé non relu

Philipp., IV, 10 à

gaire : montons plus haut. Paul se déprend des prédilections exclusives de race et de patrie. Certes il est et demeure Juif; il garde un intérêt ardent à ses compatriotes, à ses frères selon la chair, honorés jadis de l'adoption divine par la première alliance et la première législation céleste; il voudrait être anathème pour eux*. Et malgré tout, il est l'homme des nations, leur apôtre, sauf à plaider devant elles la grandeur de ces Juifs dont elles héritent selon Dieu^. Ainsi, le prédicateur sera bon patriote, comme Bossuot l'a dit de Jésus-Christ môme, et cependant il aura le cœur large comme le monde.

Montons toujours. Après le gain, après les étroitesses du faux patriotisme, saint Paul sacrifie encore la renommée. Ce débiteur, ce serviteur de tous, ne connaît point ici-bas déjuges; assez supérieur à la vaine gloire pour estimer l'opinion comme un néant ^. Voici plus encore : il se désintéresse des joies de l'action personnelle, du plaisir d'être le seul ou le premier dans l'œuvre du bien. Y aura-t-il pour nous tristesse ou consolation à retrouver jusque dans cet âge héroïque la trace de nos misères ? De fait, FApôtre est en prison, et d'aucuns trouvent l'occasion bonne pour mettre leur zèle en évidence, pensant, non sans quelque satisfaction maligne, que le captif en pourrait bien être jaloux. « Mais quoi donc ! Pourvu que de toute façon, avec ou sans arrière-pensée humaine, Jésus-Christ soit annoncé; voilà ma joie, et celte joie me restera^... »

Ce n'est pas tout, il faut que le glaive aille au cœur. Quoi de plus profond et de plus saint que le sentiment de la paternité spirituelle? Saint Paul Ta connu et goûté; dans l'occasion, il réclame simplement et rondement ses droits de père; mais ce qu'il en fait n'est que pour justifier

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