Philipp., I
sa tendresse*. S'il donne la vie surnaturelle, il est, après tout, l'instrutnent d'un autre plus grand que lui. « Est-ce Paul qui a été crucifié pour vous'?... Qu'est-ce donc qu'ApoUo? Qu'est-ce que Paul? Les ministres de Celui en qui \'ous avez cru, » et n'ayant chacun dans ce ministère que la part qu'il leur attribue^. Ainsi, le prédicateur peut se dire le père des âmes; à le bien prendre, les âmes ne sont pas à lui; c'est plutôt lui qui est à elles, et elles au Christ, et parle Christ à Dieu ^. Si donc elles acquittaient mal la dette de reconnaissance d'aflfection, le cœur de lApôtre en souffrirait et cruellement, comme en a souffert le cœur de l'Homme-Dieu; mais qu'importe encore? Ce n'est qu'un désintéressement de plus dans une carrière qui les suppose tous, et Paul accepte cette glorieuse douleur, commune à tous les pères et ressentie ici-bas par Jésus-Christ même, d'aimer plus et d'être moins aimé^. Sa récompense n'est pas en ce monde, elle est au ciel.
Mais, là encore, le zèle va trouver matière à un suprême sacrifice. Et quel peut-il être? De quoi se désintéresser quand le glaive a tranché jusqu'aux plus délicates fibres du cœur? Eh bien! si l'on ne peut sans crime renoncer à la béatitude céleste, on peut, dans l'intérêt des âmes, en accepter le délai. Paul eût été coupable de souhaiter formellement une réprobation qui, par impossible, eût sauvé ses frères d'Israël; mais il est grand, il atteint au sublime de son rôle, qrjand il s'avoue éfreint par deux désirs contraires, celui de la dissolution qui le réunirait'à Jésus- Christ, et celui dune vie plus longue au bénéfice des âmes, d'ailleurs assuré de vivre encore et l'acceptant de grand cœur^.