‹ La prédicationChapitre 6 sur 218 · Ezéchifl, XXXIV, 1 à II · texte numérisé non relu

Ezéchifl, XXXIV, 1 à II

versée, et, parmi toutes ces ruines, tu voudrais pour toimènie une situation large et commode ^ ! » Ce n'est pas tout : il faut se faire impopulaire, braver la vengeance des princes. En vain le Prophète s'est dressé devant la face de Dieu pour lui parler des hommes en bien et détourner d'eux son indignation. Les hommes conspirent contre leur défenseur pour le frapper de la langue et creuser sous ses pas une fosse où il doit périr ^. Après l'opinion soulevée, voici les colères officielles. Sédécias, qui croit en .Jcrémie et le redoute, le laissera mettre dans une citerne boueuse, sauf à l'en tirer pour le consulter en secret^. Au temps de Joakim, prédécesseur de Sédécias, le môme prophète devient l'occasion d'une scène de haute comédie politique, et c'est bien là qu'il faut apprendre combien peu de choses sont nouvelles sous le soleil. Par commandement divin, Jérémie écrit dans sa prison toutes les menaces d'en-haut contre le peuple, puis il charge Baruch de les lire au temple, un jour solennel, devant les habitants de Jérusalem et les pèlerins des provinces. Intrépide cette fois, Baruch obéit; mais il est immédiatement déféré à une sorte de conseil d'État réuni dans le palais du prince. On le mande, il recommence là sa lecture, et les hauts fonctionnaires, frappés de stupeur, lai disent : v Nous ne pouvons nous dispenser de faire notre rapport ; mais va, cache-toi ainsi que Jérémie, et que personne ne sache oii vous êtes^. » Bientôt l'écrit est aux mains de Joakim. Au bout de trois ou quatre pages^, le roi n'y tient plus; il lacère le volume avec le grattoir d'un scribe et le jette au feu sans que personne s'y oppose, hormis trois braves. Un mandat d'amener est lancé contre l'auteur et le secrétaire, qu'on ne trouve pas, et en fin de compte. Dieu l'ordonnant

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