Voir l'Epître aux Philippieus, iv, passini
Christ soit entièrement formé en eux^ S'il a déployé toute la vigueur apostolique contre l'incestueux de Corinthe et les complaisants qui le tolèrent-, bientôt la tristesse et l'aÛection le dominent; il a écrit dans l'angoisse et dans les larmes, non pour contrister, mais pour montrer son amour de père, et ce malheureux qu'il livrait naguère à Satan, il veut qu'on le reçoive en grâce et qu'on ne le désole pas outre mesure ^. Belle et grande àme, tendre à la compassion, tendre à l'amitié, mais par ailleurs ferme et intrépide. De quelle iorce Paul rappelle aux Corinthiens, à rencontre de leurs faux apôtres, ses titres et ses droits ! Par-dessus tout, quelle énergie fîère à publier ceux de la vérité, dans toute l'Epître aux Hébreux par exemple !
L'éloquence vient du cœur, mais elle n'en vient jamais plus puissante que si le cœur est possédé d'une passion maîtresse où il se livre et s'absorbe tout entier. Paul a cette suprême fortune des grands orateurs ; toute son éloquence, toute sa force, toute son âme, est dans sa passion pour la personne adorable de Jésus-Christ. Sur le chemin de Damas il a vu le Ressuscité dans sa gloire, et il semble en porter partout l'image ; on le dirait en toute rencontre poursuivi, saintement obsédé par cette vision. Et n'a-t-on pas droit de le penser, quand on le voit présenter de préférence Jésus-Christ sous son aspect le plus glorieux, dans son rôle de médiateur et de roi des âmes, à sa place de centre des divins Conseils? Mais ce qui est manifeste, c'est que la beauté de l'Homme-Dieu, une fois^ aperçue, a ravi pour jamais ce grand cœur.
Paul est un homme passionné, divinement passionné, comme nous aspirons tous à l'être. En lui, dans sa parole si fidèle, si sincère, on dirait aujourd'hui si vécue, on voit transparaître, on sent frémir et palpiter avec une singulière énergie cet amour de Jésus-Christ, si éloquemment