Homélie xiv au peuple d'AntiocIie
Jésus-Christ, il en déduit cette argumentation pressante : le clief, la tête règne dans la gloire : ne livrons pas le •corps aux bètes, au démon; — le corps personnel de Jésus- Christ est crucifié : portons la croix; — il est pur : soyons sans péché. Ce n'est pas tout : le corps de Jésus-Christ s'est fait notre nourriture, d'oiî suit naturellement une vive et $)elle exhortation à la communion digne et fréquente. Par contre, le discours est-il inspiré par une nécessité de circonstance, faut-il réprimer un désordre, obtenir un effort? Le moraliste cherche tout d'abord son point d'appui dans 'la Bible, dans un texte ou mieux encore dans un fait qu'il ■va commenter largement. C'est ainsi que, voulant combattre l'esprit de haine et de vengeance, il donne ses trois admirables homélies sur David épargnant Saiil.
Aussi bien, rien de libre comme son allure. Peu lui im- -porte, après tout, de lier habilement le commentaire au conseil moral, l'enseignement à la direction. 11 n'est pas Tare qu'il les juxtapose tout simplement, coupant en deux son discours ou plutôt la séance. Imaginez un professeur, un catéchiste, qui fait d'abord la leçon, puis passe à des avis pratiques sans grand rapport avec la leçon même. Ils s'y rattachent, s'ils peuvent, par un fil très léger ou très lâche. Un jour, saint Jean-Baptiste est le thème amené par la •suite de l'Evangile; mais saint Jean-Baptiste n'a-t-il pas ■dit que le vanneur céleste recueillera le bon grain et brûlera la paille? Chrysostome se jettera donc sur l'enfer, sur la vie chrétienne à mener, sur le fruit à tirer des synaxes ou réunions pieuses ^ Quelquefois le fil manque, et le prédicateur n'en semble guère embarrassé. Après les Mages dont on a médité l'histoire, voici qu'il s'agit des larmes, puis du rire, puis du théâtre, qui inspire à Chrysostome une de ses plus véhémentes sorties 2. A l'homélie suivante, même sujet scripturaire, mêmes avis pratiques ; mais cette fois le fil se retrouve et l'orateur le noue par occasion sans