‹ La prédicationChapitre 90 sur 218 · lu Psalm. xxxiii; S. ii · texte numérisé non relu

lu Psalm. xxxiii; S. ii

3. Ipsa lingua popularis plerumque est doctrina salutaris (la Psalm. XXXII ; Enarr., ii; S. i, 4).

On dit par manière de formule banale : Quod vult Leus! Qu'on ait donc dans le cœur ce qu'on a sans cesse à la bouche et qu'on apprenne la résignation pratique * ! — Une autre fois il dénonce et combat l'équivoque du mot anima, qui signifie tantôt l'àme, tantôt simplement la vie. Dans un péril de mort, on crie : Succurrite propter aniinani! Hélas! il ne s'agit que du corps et l'on oublie l'àme! Voilà qui fournit au saint prédicateur un long et beau développement-.

Mettons au nombre des rapprochements heureux les suppositions originales et de bon sens comme celle-ci. c( La prédication, la parole de Dieu, fait partie du pain quotidien que nous demandons. Elle est, elle aussi, l'aliment de la vie présente et non de la vie future. Est-ce qu'au ciel nous entendrons lire dans les livres? Non, c'est le Verbe même que nous verrons, que nous entendrons, qui sera le pain et le vin de nos âmes, comme il lest pour les anges dès à présent. Est-ce que les anges ont besoin de livres, de lecteurs, de commentateurs^? »

On voit que saint Augustin ne craint pas de faire sourire. Il n'est pas autrement effrayé de l'image populaire, vulgaire, presque triviale quelquefois. Le riche orgueilleux n'est qu'une outre soufflée. Voici une outre soufflée et une outre pleine : de part et d'autre mêmes dimensions, mais non pas même plénitude. Regardez seulement : vous y serez pris : pesez et vous verrez la différence '*. Ailleurs c'est le détail cru qui se présente et le prédicateur ne le dédaigne pas. Quand Esaii vendit son privilège d'aîné, ce fut pour bien peu de chose, pas même propter offam sidllam. Que la délicatesse française nous le pardonne ! mais en vérité il faudrait traduire : une soupe au lard ^.

Avouons simplement et pour n'avoir pas à y revenir, que

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