S. XIV
Jean-Baptisto *. Là surtout l'auditoire est saisi, enveloppé, pressé, dominé, avec toute l'adresse franclie et loyale, avec toute la puissance comniunicalive dont est capable un professeur excellent, résolu de faire entrer à tout prix la vérité dans les intelligences. Mais encore le même discours peut être pris pour type de l'enthousiasme humble, ardent, expansif, que la vérité inspire à un génie qui est d'ailleurs un saint.
N'eùt-on qu'un talent ordinaire et une sainteté de désir, impossible qu'à pareille école on n'apprenne pas à détendre sa manière, à la rendre personnelle et vivante, à rejeter certaines formules raides et glacées de tradition ou de routine, pour se rapprocher de la causerie animée, souple, familière ou sublime selon l'objet. Impossible qu'en pratiquant un pareil modèle on ne conçoive l'idée, le désir, le courage pratique de prêcher moins et de parler plus. Et quelle jouissance pour l'auditeur! ou plutôt quel avantage, car la communication appelle la communication ; quand vibre l'accent vrai de l'âme, les âmes ne refusent jamais de faire écho. Yoilà ce qu'obtiennent à coup sûr les prédicateurs qui ne prêchent pas ; c'est le premier succès d'un Chrysostome, d'un Augustin. L'auditeur ne reçoit pas seulement leur parole, il s'y applique, il s'y associe par un travail personnel, spontané, plein de profit et de charme ; il ne les suit pas seulement, il les devance. Augustin le constate parfois ou tout au moins le suppose et le demande. Un jour il s'agit d'établir que Jésus-Christ, s'il est ressuscité par le Père, se ressuscite également par sa puissance propre. « Pour vous assurer qu'il se rend à lui-même la vie, qu'attendez-vous de moi? Ecoutez-le parler. J'ai, dit-il, le pouvoir de déposer mon âme... — Je n'ai pas encore accompli ma promesse; j'ai àxiàe déposer, mais vous vous écriez déjà, parce que votre pensée vole plus vite que mon discours. Instruits à l'école du Maître céleste, comme des disciples attentifs à écouter la leçon