‹ La prédicationChapitre 94 sur 218 · Sermon cclxxxviii · texte numérisé non relu

Sermon cclxxxviii

et capables de la répéter fidèlement, vous n'ignorez pas la suite du texte. J'ai, dit le Seigneur, le pouvoir de déposer mon âme et j'ai le pouvoir de la reprendre * .»

Or il y a là pour le prédicateur une force nouvelle ; il est excité, soulevé, porté par cette active sympaliiie qui reflue des âmes vers la sienne. « Je jouis de vous voir comprendre et je m'en sens plus hardi devant vous 2. ,. Voilà bien Teffet et la récompense de la communication

expansive.

Comme Chrysostome , comme tout prédicateur naturel, Augustin fait de ses discours non pas des instructiojis pures et simples, mais des entretiens, des dialogues, de vraies conversations avec l'auditoire. Forme excellente partout, mais d'une valeur spéciale quand il fautinculquer des vérités quelque peu difficiles ou seulement plus importantes. Pour sa part, il y sait y mettre une vivacité, une familiarité singulières. C'est un drame qui se joue et où l'auditeur est bien forcé de prendre un rôle. Voyez comment un ressentiment nourri dans le cœur empêche de réciter jusqu'au bout l'oraison dominicale. « Ton frère ne veut pas te remettre ce que tu lui dois. Qu'il prenne garde à lui quand il lui faudra prier. Quand il viendra, cet homme qui ne veut pas te remettre ta faute, quand il viendra à réciter la grande prière, que fera-t-il? — Qu'il dise : Notre Père qui êtes aux deux; qu'il dise encore : Que votre nom soit sanctifié. » Ici Augustin ne trouve plus le tour assez vif et prend à parti le rancuneux lui-même. « Dis toujours : Que votre règne arrive. Continue : Que votre volonté soit faite sur la terre comme au C2e/. Marche encore ^ : Donneznous aujourd'hui notre pain quotidien. C'est dit, mais la suite ? Prends bien garde de la sauter, d'y changer quelque chose. Impossible d'échapper, tu es pris là ^ Dis donc et dis vrai. Ou peut-être n'as-lu pas besoin de dire : Par-

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