Ibidem, iv
3. Doctv. christ., livre I tout entier. — De Catechiz. rud., 6, 7, 9.
charité, on ne les entend pas. Par contre, eût-on le malheur d'entendre à faux un passage, si l'on y trouve ce grand dogme, ce grand fait, cette grande loi de la charité, on se trompe sans péril ; aie bien prendre, on ne se trompe qu'à demi*. Tout ce qui mène là dans les Écritures doit s'entendre au sens propre ; tout ce qui s'en éloigne, à plus forte raison tout ce qui pourrait sembler y contredire, doit se prendre au figuré^, s'interpréter d'après cela, se réduire là par un effort d'intelligence absolument légitime et infaillible, en ce sens du moins, que, si la force me manque pour saisir le rapport, encore sais-je à coup sûr que le rapport existe, que le point ténébreux tient par un fil invisible au centre lumineux de toutes choses, au dogme souverain de la charité.
Telle est la synthèse d'Augustin, non la sienne, mais celle de la vérité, de Jésus-Christ, de Dieu môme. Sic Deiis dilexit mundum^. Telle doit être celle du prédicateur, s'il connaît et honore son ministère. Que telle soit par notre fait celle de toutes les âmes, car toutes les âmes en sont capables ! Et quelle force pour leur foi, quelle admiration, quelle consolation, si nous les accoutumons doucement à cette vue d'ensemble, si magnifique et si simple, si nous les élevons souvent à cette lumière I Lumière triple et une, oserions-nous dire, car elle est tout à la fois le bien suprême, le beau splendide et le vrai absolu.
Et maintenant que le prédicateur possède et comprend l'Ecriture, maintenant qu'il sait la grouper tout entière autour de son centre qui est la cliarité, il lui reste de réunir et de grouper autour d'elle toutes les connaissances humaines capables de la servir''. Il lui reste de l'exposer avec toutes les ressources de l'éloquence, de la nature pleinement cultivée^. Ces ressources, l'avocat du mensonge en