DONA LUCREZIA
Je te pardonne, mon fils ! je te pardonne ! Mon pauvre enfant, ne te crois pas plus coupable que tu ne l'es. Qui estce qui est juge de cela, si ce n'est moi ? Je voudrais bien que quelqu'un osât te blâmer, quand je ne me plains pas, moi 1 — 0 mon Gennaro, je fais plus que te pardonner, je te remercie 1 quelle plus heureuse mort pouvais-je avoir ? — Là ! mets ta tête sur mes genoux, et calme-toi, mon enfant ! — Il faut bien toujours finir par mourir ; eh bien, je meurs près de toi. Tu m'as blessée au cœur, mais tu m'aimes. Mon sang coule, mais tes larmes s'y mêlent. Oh 1 je dirai à Dieu, s'il m'est donné de le voir, que tu es un bon fils !