‹ La préface de Cromwell: introduction, texte et notesChapitre 7 sur 24 · AVANT-PROPOS XVII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS XVII

y a dans la Préface un reflet éblouissant des théories antérieures. Le reflet n'est pas original, mais c'est bien de Victor Hugo que vient l'éblouissement, car, chose curieuse, le reflet de la pensée d'autrui est plus brillant chez lui que la lumière qu'il réfléchit.

Il est impossible de nier cette reproduction d'idées étrangères, tout en reconnaissant que la Préface a été, comme Victor Hugo le dit du drame, « un miroir de concentration qui, loin de les affaiblir, ramasse et condense les rayons colorants», qui fait « d'une lueur une lumière, d'une lumière une flamme » . Sans doute, condenser de la lueur n'est pas tout à fait créer de la lumière, et cela force la critique à remonter au foyer initial. Aussi, tout en reconnaissant que Victor Hugo a été le vrai chef du Romantisme de 1830, salué par ses précurseurs même (sauf par Stendhal, Vigny et Chateaubriand) comme le maître, ce qui implique non seulement plus de puissance dans le développement d'idées connues, mais encore une véritable originalité (1), j'ai essayé, aussi bien dans les notes que dans l'introduction, d'expliquer la formation de ces idées, non seulement de celles qui semblent spontanées, mais encore des pensées qui ont

(1) Mabilleau, Victor Hugo (Hachette, 1893), p. 47-48.

dû être excitées en lui par telle ou telle théorie déjà indiquée par autrui, enfin de celles qui sont purement et simplement un emprunt. En un mot, je tente ici la genèse de la Préface de Cromwell.

Cette étude ne pouvait être entreprise utilement que si, au-dessus des notes critiques, le lecteur trouvait immédiatement le texte de la Préface, et n'était pas obligé de se livrer à un travail fastidieux de contrôle, en se reportant de ces notes au texte d'une édition quelconque de la Préface. Il me fallait donc obtenir de la famille du grand poète l'autorisation de publier, en même temps que l'introduction et le commentaire critique, le texte de Victor Hugo. J'ai trouvé l'accueil le plus bienveillant auprès de ceux auxquels la famille de Victor Hugo a délégué le soin de régler les questions de propriété littéraire. M. Trébuchet m'avait accordé, il y a près de cinq ans, l'autorisation de faire cette édition scientifique. M. P. Meurice me l'a confirmée récemment. Je le prie de recevoir ici le témoignage de toute ma reconnaissance. Il appartient du reste aux amis du grand poète de faciliter ce genre de recherches, car Victor Hugo a tout à gagner à ce qu'on le traite désormais comme un véritable classique.

LÀ

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