‹ La Prehistoire orientaleChapitre 11 sur 308 · AVANT-PROPOS IX · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS IX

pays étrangers à nos régions; mais voici que, très rapidement,le voile qui couvrait les autres parties du monde se soulève; on travaille aujourd’hui dans un grand nombre de régions. Les deux Amériques, l'Afrique, l’'Australie, l'Océanie, le Japon, l’Indo-Chine, l'Inde, l'Asie antérieure, l'Égypte, l’Europe centrale se décident à nous révéler leurs secrets, alors que la Sibérie, la Chine, l'Asie centrale, le nord de l’Asie antérieure, le centre de l'Amérique méridionale conservent encore dons leur sol les mystères de leurs antiques habitants. |

J’ai montré quelle est la principale cause de l’incohérence que nous rencontrons dans les publications et dans les recherches sur la préhistoire ; mais 1l en est bien d’autres encore et je citerai en première ligne lignorance presque complète, chez bien des préhistoriens, de l’ethnographie des peuples primitifs vivant encore de nos jours. Quand on se trouve en présence des ruines d’une civilisation, la première pensée qui doit venir à l'esprit est de comparer les documents archéologiques avec ceux fournis par les tribus modernes vivant dans des conditions analogues à celles dans lesquelles se trouvaient les peuplades, aujourd’hui disparues, qu’on envisage. C’est pour cela que je traite longuement des Kamtchadales comparés aux Magdaléniense

Que pourront laisser à la postérité les primitifs qui vivent encore de nos jours ? J’ai aussi examiné cette question que je tiens pour capitale ; car elle mérite un mûr examen ; certaines peuplades livreront si peu de choses qu'elles passeraient inaperçues si elles n’étaient pas nos contemporaines, alors que d’autres infiniment plus évoluées au point de vue de leur outillage sont très inférieures, quant à leur culture intellectuelle.

Comment peut-on, dans de telles conditions, se baser sur quelques formes semblables pour mettre en mouvement des peuplades, parfois fort éloignées les unes des autres, et déclarer qu’elles ont joui de la même culture.

La moindre des différences dans les formes de ces industries peut avoir d’incalculables conséquences; par exemple, on a voulu voir une parenté, sinon ethnique au moins d’usages, entre les paléolithiques (sensu stricto) du nord de l'Afrique et de l'Égypte, et ceux de l'Occident européen, et l’on n’a pas hésité à proposer des concordances chronologiques entre ces diverses industries de types analogues. Mais en Algérie orientale, en Tunisie et en Égypte, à l'armement des hommes paléolithiques, composé de formes européennes, il faut joindre les pointes de silhouette . solutréenne, complètement inconnues dans nos régions. Il y avait donc des différences notables entre le mode de vie des Orientaux et celui des Occidentaux.

D'ailleurs, sur quelle preuve peut-on s'appuyer pour affirmer non seu-

Page 1