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Fire. 235. — Vase en calcite rubanée (albâtre d'Égypte), avec sections des bords et ornements de vases analogues. Tombeau royal de Négadah.
d'usage courant. À Om-el-Gaab (Abydos), au contraire, pour la plupart, ces cylindres étaient simplement achevés à l'extérieur, l’intérieur n'ayant pas été creusé. Ils jouaient alors dans le tombeau un rôle purement conventionnel. Il est à remarquer que les sépultures qui renfermaient ces cylindres massifs, paraissent, par leur mobilier funéraire, être postérieures au tombeau de Négadah. Déjà l’usage des offrandes prenait ce caractère fictif que nous lui connaissons pendant toute la durée de la période pharaonique. Aux vases pleins des produits de la terre succédaient les ébauches de ces vases, probablement garnies à leur partie supérieure de quelques graines donnant l'illusion des provisions qui, d’après les rites, eussent dû
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être déposées dans le tombeau. Plus tard, cette supercherie ne suffira même plus, et les offrandes en nature seront représentées par leur figura-
tion, sculptées sur les murailles intérieures des mastabas, parfois même simplement inscrites.
Les vases cylindriques d’albâtre des. sépultures monumentales sont semblables à ceux de terre grise qui abondent dans les tombes des gens du peuple contemporains.
Les plus remarquables des vases de pierre de ces époques sont ceux que je désignerai sous le nom de vases globulaires.
Ces vases présentent la forme d’une sphère aplatie, sont généralement munis d’un fond plat, et leur ouverture, très large, est ornée d’un bord écrasé. Ils portent deux petites anses cylindriques (fig. 237, 238).
Fire. 236. — Vase cylindrique en diabase ophitique. Tombeau royal de Négadah. 1/3 de la grandeur naturelle.
[Il est à penser que les vases de pierre, quelle que soit leur forme, ne
sont autres que les copies en matières dures, à l’usage des gens riches,
Fic. 237. — Vases globulaires en roches dures altérées. Tombeau royal de Négadah, 1/3 de la grandeur naturelle.
de modèles céramiques antérieurs, de ces vases de terre couverts de peintures qu’on trouve chez les pauvres gens dans les sépultures d’une époque
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antérieure à celle du tombeau de Négadah ; mais la fabrication des vases de pierre était déjà connue durant cette période car nous voyons des vases peints se couvrir de dessins imitantle granit, le calcaire nummulitique et autres roches. Le travail de la pierre dure pour en faire des vases aurait donc été introduit en Égypte alors que les formes céramiques étaient déjà fixées et, par un effet de retour, les potiers auraient remplacé leurs pein-
Fic. 238. — Vase globulaire en porphyre. Tombeau royal de Négadah. 1/4 de la grandeur nalurelle.
tures traditionnelles par l’imitation des riches vases de pierre. Ceci se passait avant l'époque du tombeau de Négadah ; avec l’avènement de la Ve dynastie ce goût disparut, le vase de terre devint vulgaire et la pierre remplaça l'argile pour les récipients de prix. W. M. FziNpers' PE- TRie, dans un tableau qu'il donne (Préhistorice Égyp., 1920, pl. L), traduisant par des courbes les résultats de ses longues recherches, montre que l’apogée de la fabrication des vases de terre de luxe est bien antérieure à l'aurore du régime pharaonique et qu’au temps de Ménès elle avait cessé
Fc. 239. — Fragments de vases altérés. Tombeau royal de Négadah. 1/4 de la grandeur naturelle.
aussi bien pour les vases rouges à bord noir que pour ceux à peintures blanches où à peinture rouge sur fond jaune (barques, animaux, personnages) |.
À Gebel Tüärif, en 1896, il a été trouvé un vase de ce groupe dont les anses sont ornées d’or ; d’autres portent des anneaux de cuivre, de telle sorte que, même avant les découvertes de Négadah, il était possible d’assigner à ces objets la date qui leur appartient. Les silex taillés et l’ensemble du
mobilier funéraire qui les accompagnait dans les tombes ne pouvaient laisser subsister aucun doute sur leur très haute antiquité.
Le tombeau royal de Négadah renfermait trois petits vases en géobertite (fig. 240), qui doivent être aussi rangés dans cette catégorie, bien qu’ils soient plus élancés et se rapprochent plus des formes postérieures.
anses
Fi. 240. — Vases en géobertite. Tombeau roÿal de Négadah. 2/3 de la grandeur naturellé.
Les inscriptions que portent ces objets prouvent qu’ils sont contemporains des autres objets trouvés dans le monument,
Les plus intéressants dans la classe des vases globulaires sont, sans contredit, ceux qui sont ornés de côtes (fig. 241 et 242), car ces objets n’ont pas pu être fabriqués au tour et le travail en est d’une régularité mathématique. On s’explique difficilement comment, sculptant une matière aussi dure qu’est le porphyre pétro-siliceux, les artistes de ces époques si lointaines, privés des moyens mécaniques puissants dont nous
Fic. 241. — Vase en porphyre pétro-siliceux avec quartz globulaire. Tombeau royal de Négadah. 1/4 de la grandeur naturelle.
disposons aujourd’hui, ont pu couper la pierre avec une précision aussi parfaite, sans émousser les angles, sans faire la moindre faute. L’épure seule de ces vases est déjà une œuvre délicate, dénotant des études très avancées. Lies formes sont souples et élégantes, les diverses parties du vase, la grosseur des côtes, la proportion des parties lisses, la forme et la position des anses, les dimensions du fond plat, sont calculées avec un
tel soin que, de nos-jours encore, il serait bien difficile d'obtenir un ensemble plus harmonieux.
Ces vases à côtes, d’ailleurs, sont beaucoup plus rares que les autres ; le tombeau de Négadah n’en a renfermé que cinq ou six. Les sépultures royales d’Omel-Gaab en contenaient aussi; mais dans les nécropoles du commun, ce type de vases est presque introuvable.
Parmi les formes les plus singulières du monument de Négadah, je dois citer certains vases (fig. 243) ornés de deux côtes aiguës et faits de terre. Ils ont été vitrifiés et fondus Me. 382, — Vaseen calcaire rose 5 ;{el point, par l'ineendiesqu'a priori je
veiné de blanc. Tombeau royal : s , ne AR de Négadah. 2/3 dela grahdeur pensais qu'ils avaient été taillés dans une naturelle. roche dure siliceuse. L’examen de leur com-
position, au microscope, m’a seul fait revenir sur cette erreur. Cette forme [qui rappelle celle de certaines bouteilles de poterie rouge] n'existe pas dans la céramique dynastique.
Fc. 243, — Vase en poterie vitrifiée par l'incendie. Tombeau royal de Négadah. 1/3 de la grandeur naturelle.
Avant que d’en terminer avec la description des vases découverts dans le tombeau royal de Négadah, je dois citer une série de petits pots d'ivoire
(fig. 244) qui, malheureusement, ont été brisés et déformés par la chaleur. Ces objets sont d’une extrême délicatesse. Beaucoup de ces petits
Fic. 244. — Fragments de vases en ivoire. Tombeau royal de Négadah. 1/2 grandeur naturelle.
vases étaient cylindriques. Ils présentent, en réduction, les formes et les ornements des grands vases cylindriques d’albâtre et de terre cuite. D’autres (fig. 244) étaient renflés en leur milieu. Quant à l'usage auquel ils étaient destinés, il est fort difficile de se prononcer ; leur petitesse ne permet que de les attribuer à la toilette ; probablement contenaïent-ils des kohls, des pommades ou des parfums.
Dans les fouilles d’'Abydos, AMÉLINEAU a rencontré quelques-uns de ces petits
vases d'ivoire bien conservés ; je crois qu'ils ne renfermaient rien.
Parmi les nombreux morceaux d’albâtre demi-calcinés et réduits en chaux
Fc. 245.— Support de vase en calcite | Re) , rubanée. Tombeau royal de Négaque les fouilles m’ont fourni j'ai rencontré, dah. 1/4 de la grandeur naturelle.
entre autres fragments, trois morceaux
d’un support de vase qui permettent de reconstituer l’objet en entier (fig. 245). Ce support, en forme de tronc de cône, était percé d’ouvertures triangulaires sur tout son pourtour et en tout semblable aux supports de terre cuite qu’on rencontre dans les mastabas de l'Ancien Empire.
Un autre fragment d’albâtre avait appartenu à une table d’offrandes (?) d'un modèle connu (fig. 246).
Fire. 246. — Table d’offrandes en calcite rubanée. Tombeau royal de Négadah. 1/8 de la grandeur naturelle.
Enfin j'ai trouvé un cône en diabase ophitique (fig. 247) dont l’usage ?
demeure inconnu.
Fr. 247. — Cône en diabase ophitique. Tombeau royal de Négadabh. 2/3 de la grandeur naturelle.
[Nous avons vu plus haut que dans les tombes royales d’Abydos se trouvaient des vases cylindriques d’albâtre inachevés destinés à figurer dans les rites funéraires : peut-être en est-il de même d’un vase globulaire
Fi. 248. — Vase inachevé ou mortier en porphyre altéré. Tombeau royal de Négadah. 2/8 de la grandeur naturelle.
de porphyre trouvé dans la tombe de Négadah (fig. 248). Ce vase est aussi Inachevé et porte une simple cupule ereusée en son milieu; était-ce une sorte de mortier ou un vase conventionnel, je n’en saurais décider. |
Meules. — |Le tombeau de Négadah renfermait une meule à main com-
Fic. 249. — Meule à main en grès jaune (2/9 de la grandeur naturelle) et mortier (?) en granit (2/3 de la grandeur naturelle). Tombeau royal de Négadah.
plète (fig. 249, en haut) et une autre brisée (fig. 249, en bas) qu’on peut aussi prendre pour un mortier oblong.] Meubles. — [Nous ne pouvons malheureusement nous faire qu’une
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