EXT S
Fic. 250. — Fragments de meubles en ivoire. Tombeau royal de Négadah. 1/2 grandeur naturelle.
idée bien vague des richesses que renfermait la tombe de Négadah avant l'incendie, mille choses ont disparu sans laisser de traces, les meubles, les étoffes, les objets de vannerie, les nattes, les instruments de musique,
etc., tout a été consumé. Cependant,] si nous en jugeons par les frag ments qui, malgré l'incendie du tombeau, sont parvenus jusqu’à nous, les meubles étaient nombreux. [C’étaient probablement des coffres et des coffrets, des sièges, des tables analogues au mobilier que nous voyons fi-
Fic. 251. — Fragments d'ivoire d'usage indéterminé. Tombeau royal de Négadah. 2/3 de la grandeur naturelle.
gurer sur les bas-reliefs des mastabas memphites]. Quant au travail, il surpasse tout ce qu’il est possible d'imaginer pour une époque encore en apparence aussi barbare. Les pieds des coffrets d'ivoire, entres autres, sont des plus remarquables. Chaque coffret en portait quatre figurant
Fic, 252. — Fragments de meubles en ivoire. Tombeau royal de Négadah. 1/2 grandeur naturelle.
deux à deux, les pieds de devant ét les pieds de derrière d’un Taureau. J'ai eu l’heureuse chance d’en trouver une paire complète, appartenant au même meuble qui, bien qu'ayant subi les atteintes du feu, sont demeurés intacts, et portent encore les tenons qui les fixaient au corps du coffret.
L'artiste qui les a sculptés a fait preuve d’une grande habileté de main et d’un grand sens d'observation ; car les proportions et la sincérité des moindres détails sont frappantes.
Un autre pied postérieur également entier, est extrêmement curieux par l’exagération intentionnelle des veines ; il rappelle la manière dont les sculpteurs assyriens représentaient les pieds des Taureaux aïlés à face humaine de Korsabad.
Nous ne possédons que des débris d’un déni pied d’ivoire semblable aux précédents, mais de plus grande taille ; j’ai reconstitué moimême le peu qu’il en reste, en rejoignant plus de vingt morceaux ; ce travail m'a permis de me rendre compte des dimensions de cette pièce d’ivoire [semblable aux pieds découverts à Om-el-Gaab par E. AMÉLINEAU
Fic. 253. — Fragments d’un meuble en ébène. Tombeau royal de Négadah. 1/2 grandeur naturelle.
et qui ont disparu quand les précieuses collections résultant de ses fouilles ont été dispersées aux enchères].
La technique de ces sculptures est du plus Haut intérêt en ce qui Concerne les origines des arts pharaoniques ; nous y retrouvons des traces indéniables d’une parenté entre la civilisation des premiers Égyptiens et celle de la Chaldée (1).
D'autres fragments de meubles sont moins intéressants au point de vue artistique, ce sont des morceaux d'ivoire (fig. 250) dont l’usage ne saurait être précisé, disques et dés qui peuvent aussi bien avoir été employés comme pommeaux, que comme pieds de coffrets ou de meubles.
Les meubles et coffrets dont nous avons retrouvé les débris, étaient en ivoire (fig. 252), en bois du pays et en ébène (2) (fig. 253). Parmi
(1) Voir le chapitre spécial sur ce sujet. mille des Légumineuses, le Dalbergia megaloxy- (2) On sait qu'une espèce appartenant à la fa- lon, indigène en Afrique, fournit un bois d’ébène