‹ La Prehistoire orientaleChapitre 126 sur 308 · PL · texte numérisé non relu

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F1G. 264. — Instruments de silex taillé. 2/3 de la grandeur naturelle.

lames, polies sur une face, dont j'ai parlé précédemment. Cependant l’ensemble du travail est d'autant plus remarquable que les nombreux spécimens, bien que ne présentant pas exactement les mêmes dimensions, offrent toujours les mêmes proportions relatives dans l'épaisseur, la largeur, la longueur et dans les courbes des deux tranchants.

[Nous avons recueilli également bien des fragments de couperets du type de la figure 193 (p. 150), forme commune dans les sépultures royales d’Om-el-Gaab.]

[Les autres instruments sont de formes connues (fig. 264), grattoirs doubles, pointus ou à queue pointue semblables à ceux des kjækkenmæddingers. Je suis tenté de voir darf$ ces petits outils des ins-

truments de toilette].

[Quelques rares silex taillés, d’une facture moins soignée (fig. 265) ont également été trouvés en fouillant le tombeau, mais je ne pense pas qu'ils appartiennent au mobilier funéraire de cette sépulture; peut-être sont-ils venus de la surface, peut-être proviennent-ils des ouvriers qui ont construit le monument.|

Mais le tombeau de Négadah n’est pas unique en son genre, on en connait aujourd'hui de la Basse-Égypte.

De tous les monuments funéraires des débuts historiques de l'Égypte, le monument royal de Négadah, par sa date, comme par sa conception architecturale était, sans aucun doute, le plus précieux. Il n’existe malheu-

Fi. 265. — Instruments de silex taillé. 2/3 de la grandeur naturelle.

reusement plus aujourd’hui; mais, dans ses fouilles de 1912-1914 à Saqqarah, M. J. E. Quisezz (1) a découvert un superbe édifice, malheureusement en moins bon état de conservation qu'était le tombeau de Ménès, mais qui, édifié sur les mêmes principes, répondant aux mêmes croyances, aux mêmes rites, doit être rangé dans les débuts de la Ire dynastie thinite, car il a conservé intacts tous les caractères de la sépulture du premier des Pharaons ; cependant, alors que le tombeau de Ménès est entièrement construit en briques crues, l’édifice de Saqqarah comporte, à l’intérieur, des chambres bâties en pierre.

Ce monument, si nous en jugeons par le plan non coté qu’en donne l’auteur (2), mesure à l’extérieur 42 m. 20 de longueur sur 16 m. 15 de largeur, il se présente sous la forme d’un long rectangle de briques

(1) J. E. QuiBeLr, Excavations at Sa iqui : ; Sagqara (1912 antiquités de l'E te] T ù Fa 1914). Archaic mastabas. Le Caire, 1923 [Service des (2) ‘à. pl. V. A ch be il

crues qui, à l’intérieur, présente un vide de 35 mètres de longueur sur 11 m. 40 de largeur. Ce vide est occupé, comme à Négadah, par trois lignes de chambres, cinq sur chacun des côtés, neuf au rang du milieu. Les murs de ces chambres sont en pierre.

Jadis le monument était recouvert d’un toit plat en terrasse et entouré d’un mur d’enceinte, dans lequel on doit peut-être voir l’origine des murs d'enceinte qui, sous la XIIe dynastie et avant, limitaient l’aire royale autour des pyramides. Les chambres étaient recouvertes de dalles de pierres qui soutenaient un second étage (1).

L’extérieur des murailles principales de brique crue est, comme dans le monument de Ménès, orné de saillants et de rentrants ; 10 saillants et 9 rentrants sur les grands côtés, 4 et 3 sur les petits; mais cette .ornementation est beaucoup plus élégante et déliée à Saqqarah qu’à Négadah, et dénote un goût plus sûr. |

Je n’entrerai pas dans le détail de ce que contenaient les dix-neuf chambres. Ce serait, à peu de chose près, reproduire ce que j’ai dit au sujet du tombeau de Ménès (2), et me contenterai de citer quelques-uns des objets caractéristiques de cette époque. Les jarres de terre étaient en très grand nombre ; toutes contenaient des restes indéterminables, pour la plupart, des provisions qu’elles avaient contenues ; puis, c’étaient de grands couteaux de silex, de petits grattoirs doubles, des lames retouchées en pointe identiques à ceux d’Abydos et de Négadah (3), des ciseaux et hachettes de cuivre(4), de nombreux vases de pierre (5), (quartz, calcaire, porphyre, etc...), le bouchon d’argile d’une jarre, portant l’empreinte, malheureusement très effacée, d’un cylindre (6).

Cette tombe de la [re dynastie thinite n’est pas la seule à Saqqarah. M. J.-E. QuiserLen cite quelques-unes qui rappellent plutôt les monuments d'Abydos que celui de Négadah. Cependant, je ne dois pas passer sous silence le mastaba de Hesy (7) (IIIe dynastie) qui, à l’intérieur de son couloir, a conservé le motif décoratif des plus anciens monuments thinites.

(1) Peut-être en était-il de même à Négadah,

(4) Za., pl. VIIL n° 1.

mais le premier plancher était en bois et non en (5) Zd., pl. VIII, n°4. pierre. 1l n’en est pas resté de traces. (6) Zd., pl. VIII, n° 5. (2) Voir l'inventaire qu’en donne M. J, E. Qui- (7) Cf. J. E. QuiBer, Excavalions at Saqqara BELL, OP. cit., p. 15 sq. (1911-1912). The Tomb of Hesy. Le Caire, 1913. Zd.,

(3) J. E. Quiseze, op. cit., pl. VIIT, n° 3. 1912-1914, op. cit., 1923, p. 38.

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