‹ La Prehistoire orientaleChapitre 13 sur 308 · AVANT-PROPOS XI · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS XI

Feu, demeurés de vrais sauvages, et laisser plus de traces de leur passage sur la terre que les tribus civilisées.

Que penser, dès lors, de nos tribus européennes des diverses époques ? Comment juger des Égyptiens pré-dynastiques, installés dans l’une des vallées les plus luxuriantes du monde ; car en Égypte, à cette époque, le climat n’était pas celui de nos jours, l'humidité était beaucoup plus abondante, et sur les bords du Nil se développait cette magnifique végétation qu'on voit représentée dans les mastabas de l’ancien Empire, et dont on ne trouve plus aujourd’hui que de bien maigres survivances en dehors des tropiques.

Reportez en Thébaïde la vie de Tahiti au xvnre siècle de notre ère et vous vous ferez une idée de ce qu’a dû être la civilisation pré-dynastique de l'Égypte, il y a six ou sept milleans, et songez au peu de traces que laissera la culture tahitienne en comparaison de ce qu’il nous reste des prédynastiques. à

Il n’est donc pas possible de se faire une opinion exacte au sujet de la civilisation de la plupart des peuples disparus d’après les traces que nous en trouvons. Les magdaléniens nous apparaissent, grâce à leurs œuvres d'art, comme les peuples les plus affinés des temps archéolithiques dans nos régions ; mais pouvons-nous juger des Aurignaciens, des Solutréens, des Campigniens. Certes non et a fortiori, sur de légers indices ne pouvons-nous pas nous lancer dans les assimilations de peuplades lointaines avec ces dernières tribus. Nous ne sommes pas autorisés à faire de véritables empires en réunissant des peuplades qui étaient alors très partagées, par suite des conditions géographiques et climatériques dans lesquelles elles vivaient, et possiblement sans affinités entre elles.

La méthode chronologique (relative) qui paraît être la meilleure pour établir une échelle sur des bases sérieuses, est sans contredit celle qui s’appuie sur la faune contemporaine de l’homme; mais si la valeur locale de cette méthode semble étre excellente, elle tombe à rien, ou à peu près, quand on s'éloigne de nos régions, parce que les faunes étaient variées suivant leur position géographique et que par suite les équivalences chronologiques sont presque impossibles à établir d’une façon sûre. Des milliers d'années, peut-être, séparent les Mammouths figurés dans nos cavernes magdaléniennes de ceux dont on retrouve les restes dans les plaines glacées de la Sibérie. Ne voyons-nous pas aussi que le bœuf musqué a été l’un des hôtes de nos vieux pays, et qu'aujourd'hui, il est cantonné dans le nord du Groenland et dans les îles de la baie de Baffin. Ceci est un fait actuel; mais si ces troupeaux avaient disparu, serions-nous autorisés à ranger dans la même période l’existence de ces animaux dans toutes les régions où il a vécu ? certes non!

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