‹ La Prehistoire orientaleChapitre 14 sur 308 · XI + AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XI + AVANT-PROPOS

Il résulte des lignes qui précèdent que nous devons encore nous contenter, dans bien des cas, de simples monographies et, bien qu’il importe de nous garder d’assimilations archéologiques pour les pays éloignés de nos parages, que c’est des monographies qu’on tirera un jour des considérations d'ensemble ; que nous devons, pour une bonne part, renoncer à ces hypothèses qui font voyager les tribus d'un bout à l’autre du globe, sur le simple vu d’une forme qui peut n'être que fortuite. Le monde préhistorique était partagé en une multitude de tribus, appartenant à des races différentes les unes des autres, et chacune de ces tribus possédait sa culture propre. Nous n’avons pas le droit d'établir des parentés d’après des formes qui ont pu être spontanées.

Dans l’Occident de l’Europe mème, les assimilations trop précises présentent souvent de réels dangers; et la preuve en est dans les nombreuses subdivisions que nos archéologues proposent depuis une vingtaine d’années pour des faits qui se sont passés dans notre propre pays. Ces divisions, on s’efforce de les faire entrer dans le cadre traditionnel, et l’on semble peu se préoccuper des caractères régionaux qui, cependant, ne sont pas sans importance ; l'étude de l’ethnographie générale en affirme la grande valeur. |

Je ne puis pas terminer sans dire un mot d’un genre de folie qui s’est emparé des meilleurs esprits. Nous ne possédons jusqu'ici aucun chronomètre scientifique pour Févaluation des temps géologiques et préhistoriques. Déjà, sommes-nous fort en peine pour dater les débuts de l'Histoire. La chronologie peut être orientée jusqu’au 1ve et v° millénaire avant notre ère : mais au delà elle tombe dans le domaine de la fantaisie. Je ne citerai aucun nom d'auteur, aueun chiffre, et me contenterai de dire au lectenr : N'y touchez pas.

Les documents sur lesquels se base la préhistoire se rencontrent dans des conditions très différentes, et ce sont ces conditions mêmes qui donnent aux observations plus ow moins de valeur scientifique. Ces gisements sont :

{° Les grottes, abris et cavernes jadis habités.

Assurément ce sont ces sortes de gisements qui fournissent les matériaux scientifiques les plus importants, tant au point de vue de l’étude des industries, qu'à celui de leur suecession et par suite, qui procurent les éléments les plus sûrs de la chronologie relative.

Les couches des divers âges se superposent, laissant parfois entre elles, dans certaines localités, des hiatus que viennent combler les recherches dans d’autres cavernes.

Les cavernes habitées sont rares en Orient, on en connait de Syrie, de la Transcaucasie, de l’Hindoustan, de Ceylan et de Sumatra et, jusqu’ict, il n’en a pas été signalé ni en Elam, ni en Égypte.

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