TES CR
F1@. 3800. — Scènes de libation.
N°1 à 3, Peintures céramiques prédynastiques (Égypte) ; — n°4, Cylindre chaldéen. Gilgamech abreuvant 1e Bœuf céleste ; — n° 5, Cylindre de Gudea.
reproduction de l’empreinte d’un cylindre sur une tablette archaïque susienne montrant une libation au Faucon.
Le rameau est sans le moindre doute figuré sur les vases rouges à peintures blanches (fig. 301, n° 3); mais il n’est pas certain que les deux dessins qui accompagnent cette figure (fig. 301, n° 1 et 2) soient des arbres ; l'anneau que porte l’un d’eux à la tige, l’existence d’une sorte
Fic. 301. — Figuration de plantes sur les vases prédynastiques (Égypte).
d’éventail tenu en main par l’une des danseuses de la figure 299 (n° 2 4) en ferait douter, bien que dans l’art élamite primitif on rencontre des représentations de ce genre (fig. 302) qui sans aucun doute représentent des arbres.
Parmi les représentations figurant sur les vases peints de l'Egypte, il convient de citer le bouclier (fig. 303, n° 1 à 4), dont une fresque prékhis-
torique d’Hiérakonpolis nous fournit l'explication (ig. 303, n° 5); ces boucliers semblent être faits de peaux de bêtes plus ou moins ornées de che-
EYE) (NDS) CAES
Fic. 302. — Représentation des végétaux dans la Susiane primitive.
Ne: 1 et 2, d'après un cylindre de Suse ; — n°: 3 et 4, reliefs en terre cuite (Suse) ; — n°* 5 et 6, Peinture sur vases de Tépèh-Moussian.
vrons ; ils sont munis, suivant leur axe, d’une tige de bois rigide, terminée : par un emblème, celui du guerrier vraisemblablement. En Chaldée, l’usage du bouclier est aussi fort ancien, on le voit figurer sur les bas-reliefs archaïques de Tello:
Certaines représentations demeurent mystérieuses, entre autres, celle
Fire. 303.
No 1 à 4, le bouclier d'après les vases :
peints ; — n° 5, le bouclier d'après une Fig. 304. — Vases peints. Négadah (Haute-
fresque d'Hiérakonpolis
Egypte).
d’une sorte d’œnf aplati muni d'un pied qui, sur quelque - $ quelques vases, accom pagne la barque (fig. 304, nos 1 et 2) A de » :
$ ammaux. — Les vases égyptiens ne portent que les images d’animaux vivant dans la vallée du Nil. Ces figurations sont done franchement
indigènes ; cependant, si l’on compare les types de la Haute-Égypte à ceux de la seconde période cér
amique susienne, on est frappé par la parenté
très proche du goût de ces deux écoles, et l’on retrouve en Égypte non seulement les quadrupèdes et les volatiles, mais aussi ces longues théories d’Oiseaux qui, comme en Élam, forment frise sur la panse ou le col des vases (fig. 305, n° 15). Les Poissons (fig. 306) semblent avoir été calqués sur le même modèle. Dans tous ces dessins, la main est différente, mais la pensée est la même et souvent aussi les modèles sont semblables.
Il est à observer que, dans la céramique préhistorique syrienne et palestinienne, on trouve les mêmes formes décoratives qu’en Élam, tant au point de vue des tracés géométriques, qu’à celui des animaux figurés (1), et que ces pays sont sur la route qui conduit de lEuphrate moyen au delta nilotique.
Les vases de pierre. — En Égypte, comme en Élam, les vases de pierre se partagent en deux groupes principaux : les vases ventrus, les amphores, les vases cylindriques d’une part,
et, d'autre part,les :
motifs représen- :
tant des animaux Fic. 305. — Figuration d’ani- A . maux sur des vases prédy-
et leurs dérivés. nastiques (Haute-Égypte).
L'art de tailler ? la pierre pour en faire des vases était déjà connu des Susiens de la première ville
F16. 306. — Poissons. En haut : 7 : , Égypte; en bas : Suse. (fig. 307, n° 2 et 4) (2) et, certainement, il
était né de la fabrication des haches-marteaux perforés (3); mais c’est surtout par la suite qu’il se développa (fig. 307, n° 1, 3, 5 à 12), en même temps que se créait la seconde période de la céramique peinte (4). On vit alors paraître de grands vases d’albâtre et certains cratères ventrus, globuleux (fig. 307, n°° 1 et 8) dont le type se retrouve en abondance en Égypte, tant en pierre qu’en terre imitant les vases de pierre. | Cependant à Suse les matériaux étaient rares et de qualité secondaire pour la fabrication des vases, le pays n’offrant à ce point de vue que faibles ressources. C’étaient l’albâtre gypseux (Hg. 307, n° 3, 5,7, 9),le calcaire (1) Cf. H. VINCENT, Canaan, 1907, fig. 206, 207, (3) Cf. Mém. D. S. P., 1912, t. XIII, p. 10, fig. 86. 209, 214, etc. (4) Cf. Mém. D. S. P.,1912, t. XIII, pl. XXXII,
2) CF. Mém. D. S. P.,t. XIIL, 1912, pl. XXIII, fig. 13 et 14. fig. 3, 5, 11, 12 et 16.
974 PRÉHISTOIRE ORIENTALE gris, jaune ou rose (fig. 307, n°* 6,10 et 11), le grès tendre (fig. 307, n°° 2 et 4) et le basalte importé de pays lointains (fig. 307, n° 12). Quelques frag-
Fire. 307. — Vases de pierre archaïques. Suse.
ments de vases faits de roches cristallines (granit, syénites, porphyre, diorite) ont également été rencontrés dans les fouilles ; mais il est impossible de préciser leur époque.
Detous les pays dans lesquels il s’est fabriqué des vases de pierre,
Fi. 308. — Vase d’albâtre. Fie. 309, — Vases en pierre. Tombeau Tello. royal de Négadah (Haute-Égypte).
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c’est assurément l'Égypte qui a fourni les ouvriers les plus habiles dans cet art. Toutes les matières, les plus dures comme les plus fragiles ont été traitées, dès les temps les plus anciens, avec une surprenante maitrise.
L'apogée de cette industrie semble être contemporaine des premiers Pharaons, bien que la taille de la pierre fût connue auparavant : à Négadah, à Abydos, les sépultures royales, et celles des particuliers contemporains,
Fic. 310. — Vases en pierre de la Haute-Égypte. Période prédynastique et [°° dynastie.
contenaient de véritables merveilles qui, malheureusement, ont été mises en pièces par l'incendie. Parmi les matières employées il est à remarquer : le granit (fig. 310, n° 1 et 9), la brèche siliceuse ou calcaire (fig. 310, n° 2 et 4); le quartz laiteux (fig. 310, n° 5); le cristal de roche (fig. 310, n° 8) ; la diorite (fig. 310, n° 7); la stéatite ; le grès (fig. 340, n°° 12 et 13) ; le calcaire nummulitique (Hg. 310, n° 3); l’albâtre calcaire (arago- Fig. 311. — Vase en pierre. Suse.
nite) (fig. 310, n° 6); la cornaline ;
le lapis-lazuli; l’agate; l’obsidienne (fig. 310, n° 10), etc. Quelques vases, même, à coup sûr plus précieux que les autres, sont ornés de côtes (fig. 309, n° 1 et 2), d’un travail difficile et remarquablement exé-
cuté dans les roches les plus dures.
Pendant toute la durée de l’empire des Pharaons, les vases de pierre ont été en honneur en Égypte; mais il ne semble pas qu’il ÿ eut progrès dans” leur fabrication. Les types les plus achevés, les plus parfaits paraissent dater de la fre dynastie.
A cette “poque déjà paraissent des matières qui ne se rencontrent pas naturellement dans la vallée du Nil telles les brèches siliceuses, le lapis, l’obsidienne, etc... ; il existait donc, dès les débuts de l’ère pharaonique, des relations commerciales très suivies entre l'Égypte et les pays étrangers. L'Afrique centrale fournissait, entre autres choses, l’ivoire et la poudre d’or ; d’Asie venaient le lapis et certaines roches éruptives.
Toutefois le porphyre rouge, dont les Romains ont exploité les beaux gisements de la chaîne
Fic. 312. — Petits vases archaïques en albâtre. QUE borde la mer Rouge, ne fut Suse. connu que très tardivement.
On semble l'avoir ignoré jusqu'aux approches de notre ère. Quant au porphyre vert son usage est cou-
rant dès les temps les plus anciens (1).
Les vases figurant des animaux la >
se montrent, à Suse, peu après la
fin de la {re période céramique. Ce = à
sont de grossières représentations - ne, ÿ
d'Oiseaux (fig. 312, n° 1 à 3); de \-
Porc (fig. 312, n° 5); de Chacal (?) a (Hg. 312, n° 6) ; d’Hippopotame (?)
2) Qi
(fig. 312, n° 4), parfois ces vases ‘ Fc. 313. — Vases- archaïques trouvés à sont munis de plusieurs tubulures Répadal fHaute-Renip
: PE N'ATTA albâtre ; — n°5 à 8,t t (fig. 312, n° 6). Chez d’autres, la (d'après FL. P£TRIE). LP
forme animale à disparu, il ne sub-
siste plus qu'un vase à deux ouvertures (fig. 312, n° 7), sans trace de la tête où des membres de l’animal. Quelques traits de couleur viennent quelquefois rompre la monotonie de la blancheur de l’albâtre.
(4) CF. entre autres AMÉLINEAU, Il, pl. XIV, 18.
En Égypte, le même usage s’introduit vers le début de la première dynastie. Nous voyons figurer les Poissons (fig. 313, n° 5, 6 et 8) ; des
Fic. 314. — Figurines prépharaoniques. Égypte.
Oiseaux (fig. 313, n°1, 2 et7); un Batracien? (fig. 313, n° 4). Tout comme en Élam, l’art de ces figurines est fort médiocre.
Fic. 315. — Figurines archaïques en terre cuite. Suse.
A côté de ces formes, on trouve, tant en Egypte qu’en Chaldée et dans l’Élam, des vases d’albâtre simplement ornés de gravures profondes par-
tageant leur surface en secteurs géométriques eux-mêmes peints soit en noir, soit en rouge. Sur un objet de ce genre trouvé à Tello par lexpédition de Sarzec, figure en gravure un Oiseau en tout semblable à ceux que | portent en peinture les vases de Moussian (cf. fig. 308).
Figurines. — Les statuettes sont très nombreuses dans les zones inférieures du tell de Suse, au-dessus de la nécro- -pole primitive. Elles sont faites de pierre, d’os et d'argile, et se partagent en deux classes : les représentations humaines et les figurines animales.
Les images humaines ont assurément toutes une valeur religieuse ; ce sont des têtes grossièrement sculptées d'hommes (?) et des figurines bien plus soignées qû'on rencontre plus tard et faites au moule (fig. 315, n°° 3 et 4). Ces sta-
Le tuettes représentent entre autres divinités la Fi. 316. — Figurines ar- déesse Nana, l’Astarté des Grecs (fig. 315 et 316) chaïques. Suse. dont le culte s’est répandu au loin sur tout le
monde antique, à tel point qu’on a rencontré de
ces statuettes non seulement dans les pays méditerranéens, mais jusque dans les steppes de la Transcaspienne (1).
En Égypte, la même figuration de la déesse Nana se rencontre dès les
temps des premiers Pharaons, peut-être même quelque peu avant. L’atti-
tude est la même (comparez fig. 3+4, n° 2, avec fig. 316, n°‘ 1 et2). Quant
Fig. 317. — Figurines stéatopyges en albâtre. Suse.
au rendu (fig. 31%, n°1, 2 et3), il est absolument semblable à celui de l'Elam.
Quelques figurines égyptiennes (fig. 314, n° 4), représentent la femme dansant, dans l'attitude qu’elle a sur les peintures des vases de l’Élam et de l'Égypte. D’autres faites en schiste sont très barbares (fig. 314, n°5) et
(1) Cf. R. PumpezLy, Explor. in Turkestan. Washington, 1908, t. 1, pl. XLVLI, fig. 10.
l’on se demande si certaines d’entre ces images ne sont pas de grossières figurations de la déesse Nana (1}
On a longuement discuté (2) surles affinités que présentent certaines statuettes stéatopyges de l'Égypte (3) avec celles du même genre qui se rencontrent dans d’autres pays, sans songer que cette conception, dans la vallée du Nil, provient fort probablement de la Chaldée et de l'Élam, pays où la fécondité, chez la femme, était caractérisée par un développement exagéré des hanches (fig. 315, n° 4 et fig. 317). Il n’y a donc pas lieu, semblet-1l, d'aller chercher chez les Hottentots ou chez les Troglodytes quaternaires de nos pays le berceau de cette pensée.
Dans bien des circonstances, pour interpréter des faits inexpliqués, on